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4 juin 1989, c'était le massare de Tiananmen : seule Hong Kong commémore

  • Jeff Widener/Associated Press

24 ans après, le massacre de Tiananmen reste un sujet étouffé par Pékin. Seule la ville de Hong Kong s'apprête à commémorer la journée de répression qui a eu lieu le 4 juin sur la place centrale de la capitale de la République de Chine, clôturant dans le sang un printemps de contestation.

Alors que les affrontements continuent en Turquie entre policiers et manifestants hostiles au Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, le 4 juin marque une date importante dans l'histoire de la contestation dans le monde. Bien avant les printemps arabes, la jeunesse chinoise, les étudiants, les intellectuels et les ouvriers s'étaient réunis sur la troisième plus grande place du monde pour protester contre le manque de liberté et de démocratie.

Le mouvement initié le 15 avril 1989 -manifestations massives et grèves de la faim- s'était soldé par une réponse autoritaire, l'instauration de la loi martiale le 20 mai et l'intervention de l'armée le 4 juin 1989. La répression avait fait des centaines de victimes, majoritairement parmi la jeunesse chinoise. Des milliers selon certaines sources. S'en était suivi une purge au sein du gouvernement et un travail systématique de censure pour que la journée soit effacée des mémoires. Comme la censure de l'expression "4 juin" sur Internet qui a amené les internautes chinois a en inventer une autre, "35 mai", pour contourner l'interdit en vigueur sur la Toile.

L’Alliance hongkongaise de soutien aux mouvements patriotiques et démocratiques en Chine a pourtant tenu à commémorer la journée en commençant par une veillée du 3 au 4 juin dans le parc de Victoria, en honneur aux étudiants tués durant la répression.

Hong Kong jouit d'un statut particulier au sein de la Chine. Les hongkongais profitent d'une liberté d'expression unique dans le paysage chinois. Selon une enquête d’opinion réalisée par l’université de Hong Kong, 68% des Hongkongais condamnent l’attitude des autorités chinoises en 1989 et estiment que la ville devrait activement promouvoir la démocratie en Chine.

"Je pense que nous tous à Hong Kong, même la jeune génération, estimons qu’il s’agit d’une tragédie et qu’un gouvernement qui fait tirer sur le peuple commet un crime” a déclaré à l'AFP, Richard Choi, le vice président de l'alliance.

Tandis que le reste de la Chine refuse l'hommage aux victimes de Tiananmen, les étudiants de la ville ont observé une grève de la faim de trois jours dans un quartier commercial fréquenté par des touristes chinois et on attend plus de 150.000 personnes à la grande journée de commémoration,

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