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A Los Angeles on échange vos armes contre des bons d'achat

  • JOE KLAMAR/ AFP

Les citoyens de la Cité des anges ont été invités mercredi 26 décembre à remettre leur armes à la police en échange d'un chèque cadeau. Le programme qui existe depuis 2009 à Los Angeles a été anticipé pour envoyer un signal anti-violence après les récentes tueries qui ont frappé l'Amérique. Une initiative militante qui n'est pas du goût de tous les habitants.

Antonio Villaraigosa, le maire démocrate de Los Angeles a anticipé la date du Gun Buyback Program qui a lieu habituellement au printemps, destiné à réduire le nombre d'armes à feu en circulation dans sa ville. Les tragédies de fin d'année qui ont traumatisé l'Amérique donnent à l'initiative une charge particulièrement symbolique et polémique.

En pratique, les citoyens volontaires devaient remettre aux policiers de la ville leur armes à feu pour recevoir en échange des bons d'achats valables dans les supermarchés partenaires à hauteur de cent dollars pour un revolver et deux cent dollars pour une arme automatique. Le rendez-vous avait été donné à Van Nuys, un quartier de Los Angeles.

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La police s'était engagée à ne poser aucune question afin de ne pas effrayer les propriétaires des armes remises aux autorités. "Vous voyez ça? C'est un silencieux, pointe le sergent Lopez à l'AFP. C'est illégal, mais on n'a rien dit". Les armes récoltées sont ensuite détruites ou rendues à leur propriétaire lorsqu'il s'agit d'armes volées.

Au moment du décompte provisoire de la journée de mercredi, la police avait recueilli 1366 armes à feu, dont 477 revolvers et 49 armes d'assaut. Le programme classique en avait collecté 1673. On pouvait s'attendre à une différence plus contrastée après les drame de l'école primaire de Newtown et encore plus récemment le meurtre de deux pompiers à la veille de Noël. Mais une grande partie de la population est encore fortement réfractaire au débat sur le port des armes aux Etats-Unis, liberté inscrite dans la Constitution du pays.

Une contre manifestation s'est d'ailleurs campée à Van Nuys pour protester contre l'initiative. Les militants du port des armes proposaient de racheter eux-même les armes destinées à la police. "Nous achetons votre pistolet pour le donner à une femme en danger. Une femme armée ne sera pas une victime" pouvait-on lire sur les pancartes.

Le programme reste finalement peu suivi et majoritairement symbolique puisqu'il permet davantage aux américains de se débarrasser de leurs armes antiques ou héritées. L'Amérique est encore très récalcitrante à l'idée de ne plus pouvoir pratiquer leur droit d'auto défense grâce aux armes à feu. "De nombreux pays sont tombés dans la tyrannie parce que les gens n'étaient pas armés" pouvait-on encore lire sur une des pancartes à Van Nuys. Pourtant le programme est là. Il a déjà été expérimenté à Détroit et plus récemment à San Diego. Le débat s'organise, un examen de conscience est entamé. Rappelons-nous de la question posée par le président Barack Obama au lendemain de la tragédie de Newtown : "Sommes-nous réellement prêts à dire (...) qu'une telle violence contre nos enfants est le prix à payer pour notre liberté?". C'est à l'Amérique de répondre.

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