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Accident industriel : plus de 700 morts "Made in Bangladesh"

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L'effondrement le 24 avril dernier de l'immeuble qui abritait des ateliers textiles à Rana Plaza, en banlieue de Dacca, la capitale du Bangladesh est le pire accident industriel de l'histoire du pays. Et le bilan ne cesse de s'alourdir. On compte en ce mardi 7 mai plus de 700 victimes. Sacrifiées sur l'autel du consumérisme ?

L'immeuble s'est effondré comme un château de cartes, puis embrasé. Et près de deux semaines après le drame, les fouilles pour retrouver des corps se poursuivent. "Le bilan s'élève désormais à 705 morts" a annoncé le capitaine Shahid Ahsan Bhuiyan en précisant que "2.437 personnes avaient été secourues saines et sauves."

L'immeuble de Rana Plaza a cédé sous le poids des machines et des ouvriers qui n'auraient jamais dû se trouver là. Il était en effet censé accueillir un centre commercial et des bureaux. Son architecte Masood Reza assure qu'il n'avait jamais été question de supporter de lourds ateliers de confection sans quoi il aurait fallu prévoir une structure et une conception différente. En outre le bâtiment a été surélevé de 3 étages non prévus par l'architecte ce qui aurait encore contribué à sa fragilisation.

L'immeuble a fini par abriter quatre ou cinq usines textiles. Et de gros générateurs dont les vibrations seraient responsables de son écroulement.

3000 ouvriers se trouvaient alors au travail. 3000 ouvriers dont le salaire ne dépassaient pas les 30 euros mensuels. Le Bangladesh est le deuxième exportateur mondial de textile après la Chine. Les usines travaillaient principalement pour le compte de grandes marques étrangères.

Mango et Primark ont confirmé qu'ils travaillaient bien avec les ateliers de Dacca. Ils se sont engagés à indemniser les victimes de l'effondrement. Mais bien d'autres enseignes sont suspectées de travailler avec ces ateliers de Rana Plaza comme Bonmarché, Benetton, Carrefour et d'autres marques bon marché.

Plus de 700 morts. Des travailleurs payés moins de 30 euros par mois. Des conditions de travail non réglementées. Des fissures constatées la veille sur le bâtiment. Un immeuble détourné de sa fonction première. Et plus de 700 morts.

"On n’explique jamais la vraie relation entre les vêtements bon marché, les violations du droit du travail et les critères sanitaires et sécuritaires. Les acheteurs ne se préoccupent pas du social." résume Anne Elizabeth Moore, spécialiste de l’industrie textile.

Mise à jour du 9/05/2013 : le nombre de victimes s'élève à 1000 morts.

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