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Ante Gotovina, le jugement dernier

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La Croatie attend aujourd'hui le verdict du jugement en appel du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) de l'ex-général Ante Gotovina. Il a déjà été condamné en première instance à 24 ans de prison.

En avril 2011, Ante Gotovina, ex-général croate avait été reconnu coupable de meurtre, traitements cruels et actes inhumains commis sous son commandement en 1995 lors notamment de l'Opération Tempête à la fin de la guerre d'indépendance croate.

Ante Gotovina à 57 ans reste toutefois pour une partie du peuple Croate un héros, une figure emblématique des guerres d'indépendance en ex-Yougoslavie dans les années 90. Le jugement sera retransmis en direct sur la place principale de Zagreb et sera suivi par de nombreux partisans. Depuis son arrestation en 2005 dans un hôtel de luxe à Tenerife après quatre ans de cavale, on peut encore voir le visage de Gotovina un peu partout sur le territoire croate en signe de soutien.

Ante Gotovina est né sur l'île croate Pašman, près de Zadar, sur la côte Dalmate. Passé la majorité, il rejoindra la légion étrangère, ce qui lui vaudra d'acquérir la nationalité française en 1979. Après la Légion il travaillera pour des sociétés de sécurité françaises comme la KO International - qui assurait à l'époque la sécurité de Jean-Marie Le Pen. Gotovina mettra ensuite ses compétences paramilitaires au service de l'Argentine, du Guatemala, du Paraguay, de la Turquie et de la Grèce. Il reviendra en Croatie dans les années 90.

Du 4 au 6 août 1995 il prendra la tête de l'Opération Tempête (Oluja) visant à reprendre une partie de la République serbe de Krajina, un Etat autodéclaré au sein de la Croatie. Entre 150 000 et 200 000 serbes seront contraints de quitter la région. Il est poursuivi pour les meurtres sous son autorité d'au moins 150 civiles serbes de Krajina.

Comment donc expliquer cette ferveur, ce soutien national envers une figure si ambigüe ?

Ante Gotovina représente ce que le conflit de l'ex-Yougoslavie a de plus complexe et inavouable côté croate. Une Croatie agressée qui a du mal a se reconnaître agresseur. Il s'agit ici d'assumer ou non certaines responsabilités. Si aujourd'hui Ante Gotovina devrait connaître le sort qui lui sera réservé, il est fort à parier qu'il reste pour une grande partie de la population croate un symbole national, celui qui libéra Knin, la "Ville royale croate". Les tensions sont encore palpables et en ce 16 novembre 2012 le vase de Pandore est ouvert dans toute l'ex-Yougoslavie.

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