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Arche de Zoé : "Je peux être vulgaire? Ce sont des enculés"

  • AFP/Stringer

L'Arche de Zoé : l'humanitaire qui prend l'eau

L'objectif de l'association l'Arche de Zoé était clairement annoncé : recueillir les enfants orphelins en Afrique, en particulier les enfants du Darfour, pour les confier en adoption à des parents français. L'entreprise humanitaire a pris fin en octobre 2007 au Tchad, le jour où les forces de polices arrêtent un avion prêt à embarquer 103 enfants pour l'Europe, sous couvert de vol sanitaire.

L'accusation d'enlèvement d'enfants

L'association est condamnée pour "tentative d'enlèvementde mineurs tendant à compromettre leur état civil, faux et usage de faux en écriture publique et grivèlerie". L'épopée judiciaire a connu depuis plusieurs rebondissements. Les responsables de l'opération sont d'abord condamnés par la justice tchadienne aux travaux forcés. Fin 2007 ils sont ensuite rapatriés en France. Leur peine de travaux forcés est commuée en 8 ans de prison.

Mardi 4 décembre, au deuxième jour d'audience

5 ans après l'épisode tchadien, un procès s'est ouvert devant le tribunal correctionnel de Paris. Six protagonistes de l'opération sont poursuivit. Les deux principaux responsables de l'association Eric Breteau et Emilie Lelouch sa compagne sont aussi les principaux absents de ce procès.

Les témoins

Le deuxième jour d'audience s'est déroulé en la présence de trois témoins. Le médecin urgentiste Isabelle Rile laisse peu de place aux doutes "Un jour, une fillette pleure et appelle sa mère. Le traducteur le confirme : la petite fille n'est pas orpheline. Je ne voulais pas rester, je pensais que ça terminerait très mal". "On en déduit qu'ils allaient faire leur marché en Afrique", résume la présidente, Marie-Françoise Guidolin.

Le pompier Dominique Aubry d'abord condamné puis gracié au Tchad avant de se constituer partie civile témoigne à son tour "Quand on apprend qu’on s’est fait tromper du début à la fin, on a quand même envie que le monde le sache puisque gracié ne veut pas dire blanchi. J’ai tout perdu. C’est dur, je pleure oui, mais j’irai jusqu’au bout. Ca c’est sûr et je veux surtout prévenir d’autres ONG de bien faire attention à tout"

Stéphanie Lefebvre, la secrétaire générale de l'association l'admet :"J'ai eu le sentiment, mais pas la certitude, que ma confiance avait été trompée". Son amitié longue de 15 ans avec Eric Breteau n'a pas résisté à l'affaire, même si selon elle "C'était quelqu'un de généreux, de fédérateur, qui parlait bien"

Un texte tiré du site d'Eric Breteau, le grand absent du procès, a été lu par Me Vincent Ohannessian, l'avocat des parties civiles. Il y dénonce un procès "mascarade".

L'infirmière Nadia Merimi, 36 ans, graciée comme Dominique Aubry, a dû être internée contre son gré à l'hôpital psychiatrique de Villejuif une fois rentrée du Tchad. En prise à des crises d'angoisse, cette affaire l'a fortement fragilisé. Son opinion envers les principaux protagonistes de l'association est sans appel "Je peux être vulgaire? Ce sont des enculés".

L'affaire avait été qualifiée au moment des faits par Noël Mamère de "néocolonialisme compassionnel".

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