Excite

Banlieues : la crise s'installe durement et durablement

Selon les données statistiques relevées par l'Observatoire national des zones urbaines sensibles (Onzus), l’écart de revenus entre les quartiers classés en ZUS (les banlieues ou quartiers) et les autres territoires urbains « continue à se creuser ».

Le décrochage dû à la crise depuis 2008 est bien réel dans les banlieues. Ainsi, une plus grande précarité sociale sévit dans les ZUS : la proportion des personnes y vivant sous le seuil de pauvreté (977 euros mensuels) y est trois fois plus importante que dans le reste du territoire : 36,5 % des habitants contre 12,7 % hors ZUS.

Avec 50 % des moins de 18 ans qui vivent au-dessous du seuil de pauvreté, les jeunes sont les premières victimes de ce dénuement. C'est aussi dans ces banlieues qu'on retrouve le plus grand nombre d'allocataires du RSA (31,7 %) et de la couverture maladie universelle (un assuré sur cinq). En clair, contrairement à l'assertion courante qui prétend que, depuis le déclenchement de la crise de 2008, la situation s'est dégradée partout, cela va encore plus mal dans les quartiers populaires.

Autre enseignement de ce rapport, les effets de la crise, notamment le chômage, sont concentrés sur les quartiers populaires. Après une progression forte entre 2009 et 2010, ralentie entre 2010 et 2011, le taux de chômage en ZUS a brusquement grimpé après 2011, pour s'établir à 24,2 % en 2012, soit près de 6 points supplémentaires en trois ans. Là encore donc, l'écart se creuse avec le reste du pays puisqu’on y est deux fois et demi plus au chômage. Alors que de 2006 à 2009 le différentiel se situait à 9 points, il atteint dorénavant 14,5 points.

En conclusion, le rapport de l'Onzus met en lumière le caractère exceptionnel de la situation sociale en banlieue et vient opportunément rappeler cette spécificité de relégation territoriale et de stigmatisation qui plombe ces quartiers dits sensibles.

France - Excite Network Copyright ©1995 - 2017