Excite

Barack Obama - Syrie : le ton monte

  • Alex Wong/ Getty Images News

Le scénario ne nous est pas totalement étranger. Selon les Etats-Unis, la Syrie serait en passe de franchir la "ligne rouge".

"Aujourd'hui, je veux dire très clairement à Assad et à ceux qui obéissent à ses ordres que le monde entier (vous) observe. Le recours à des armes chimiques est et serait totalement inacceptable. Si vous commettez l'erreur tragique d'utiliser ces armes, il y aura des conséquences et vous en répondrez". C'est en ces termes plutôt menaçants que Barack Obama s'est adressé le 3 décembre 2012 au président syrien Bachar al-Assad.

Le régime de Bachar al-Assad est soupçonné de vouloir utiliser des armes chimiques contre les syriens. "Plusieurs indices nous laissent penser qu'ils sont en train de mélanger des précurseurs chimiques", a avoué un responsable américain à l'AFP et le porte-parole de la Maison Blanche Jay Carney se dit "inquiets à l'idée qu'un régime de plus en plus assiégé (...) réfléchisse à l'utilisation d'armes chimiques contre les Syriens".

On parle plus précisément de l'usage du gaz sarin, un neurotoxique capable de provoquer la paralysie totale puis la mort. L'assemblage de précurseurs chimiques est une étape vers la militarisation. Pour éviter toute ambiguité et éviter tout incident, ces précurseurs devraient être stockés à part.

Les signaux renvoyés par le régime syrien inquiètent fortement l'ONU, le président américain et les pays frontaliers. Le ministre des Affaires étrangères jordanien Nasser Judeh a prévenu lors d'une visite à Washington que l'utilisation d'armes chimiques "changerait la donne". On ignore si la décision est directement liée mais l'ONU a annoncé qu'elle se retirait de la Syrie en raison de la dégradation des conditions de sécurité. Le porte-parole de l'ONU Martin Nesirky a déclaré qu'il suspendrait "ses missions dans le pays jusqu'à nouvel ordre" et retirerait son "personnel non essentiel" de Syrie. L'Union européenne lui a emboîté le pas en annonçant une réduction de sa délégation au minimum.

Bachar al-Assad a pourtant assuré dans la même journée qu'il n'avait aucune intention de faire usage des armes chimiques contre son propre peuple. La Syrie est le théâtre depuis plus de vingt mois de combats entre l'armée et les rebelles. Un conflit né des Printemps arabes, inspiré d'un désir de démocratie pour se transformer en affrontements religieux, les sunnites contre les alaouites, l'Armée syrienne libre (ASL) contre l'armée régulière de Bachar al-Assad. Certains observateurs estiment que le régime pourrait tomber "à n'importe quel moment". Et la communauté internationale replace ses pions sur une scène dont les enjeux géopolitiques sont d'autant plus complexes que stratégiques.

France - Excite Network Copyright ©1995 - 2017