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Centrafrique : Catherine Samba-Panza, une femme élue à la tête du pays

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Catherine Samba-Panza, la maire de Bangui, a été élue ce lundi 20 janvier à la présidence intérimaire de la République centrafricaine. Dans un pays plongé dans le chaos, Catherine Samba-Panza aura la lourde responsabilité de ramener la paix et la stabilité en mettant fin aux affrontements opposant régulièrement des membres des communautés musulmane et chrétienne.

Depuis l’engagement militaire de la France en Centrafrique en décembre dernier et son opération Sangaris, tous les regards sont tournés vers ce pays d’Afrique Centrale agité par des guerres civiles depuis plusieurs années.

Après le départ forcé du président Bozizé en mars 2013, puis la présidence auto-proclamée de Michel Djotodia -chef de l'ancienne coalition rebelle Séléka- qui démissionne le 10 janvier 2014, c’est Catherine Samba-Panza qui devient donc le Chef de l'État de transition de la République centrafricaine.

Elle a été élue par le conseil national de transition de la République centrafricaine (CNT) face à sept autres candidates, battant au second tour Désiré Kolingba, fils de l'ancien président André Kolingba.

Première femme de l’histoire du pays à accéder à cette position, Catherine Samba Panza n’a pas caché son inquiétude sur l’état de « délabrement total » dans lequel se trouvait son pays lors sa première prise de parole devant les parlementaires dès son élection.

Elle a aussitôt appelé son peuple à déposer les armes : "Je lance un appel vibrant à mes enfants anti-balaka qui m'écoutent. Manifestez votre adhésion à ma nomination en donnant un signal fort de dépôt des armes", a-t-elle déclaré. "À mes enfants ex-Séléka qui m'écoutent aussi, déposez vos armes". Et d'ajouter : "Je suis la présidente de tous les Centrafricains, sans aucune exception".

Sébastien Wenezoui, porte-parole des milices chrétiennes anti-balaka a déclaré à Reuters : "Ce sont les femmes qui ont commencé à résister à Djotodia. Et c'est une femme qui peut amener la paix".

 

Catherine Samba-Panza a 59 ans. Née au Tchad d’un père camerounais et d’une maire centrafricaine, elle s’est installée en RDC à l’âge de 18 ans. Il s’agit d’une femme politique expérimentée qui milite depuis des années au sein de l'Association des femmes juristes de Centrafrique (AFJC).

Elle a "le verbe précis, la pensée claire, le regard droit" et n’appartient "ni à l’ancienne rébellion Séléka, ni aux hommes politiques qui sautent de ministère en ministère au gré des coups d’État" selon le journal La Croix qui lui consacrait un portrait en juillet dernier.

La communauté internationale nourrit de grands espoirs envers cette nouvelle présidente par intérim. L’ONU croit en un "nouveau début" et espère -alors qu'elle déclarait il y a encore quelques jours craindre un génocide en Centrafrique- y voir la fin d’une "violence insensée".

François Hollande s’est également félicité de cette élection. "Il lui revient désormais de mener à bien la réconciliation et l'apaisement nécessaires en RCA, en vue de la tenue d'élections démocratiques. La France se tient à ses côtés dans cette tâche difficile" peut-on, lire dans le communiqué de l’Élysée adressé à Catherine Samba-Panza.

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