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Clément Méric : la caisse mystérieuse en soutien à son tueur présumé

Une caisse mystérieuse de solidarité en faveur d'Esteban Morillo, l'auteur présumé du meurtre de Clément Méric, le jeune antifasciste tué le 5 juin 2013 aux alentours de la gare Saint-Lazare, a déjà récolté 6.000 euros et plus de 9.000 mentions "j'aime" sur Facebook. En effet, lundi dernier, un communiqué émanant du tout aussi mystérieux "Comité d’Entraide aux Prisonniers Européens" (CEPE), était envoyé à toutes les rédactions des quotidiens nationaux et locaux. Il annonçait la création officielle d’une page Facebook ainsi que d’une caisse de soutien à Esteban Morillo. Âgé de 20 ans, il a été mis en examen pour violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Une opération de communication présentant le jeune meurtrier comme "un jeune travailleur de 20 ans, inconnu jusque là par les services de police" et la rixe mortelle comme un "fait divers" a été alors lancée. Le communiqué signé par le CEPE renvoie à une adresse postale nîmoise qui sert à la fois de boîte de réception du courrier pour le skinhead incarcéré (il est précisé que le courrier sera "filtré et retransmis à Esteban") et de caisse de solidarité (à laquelle il est possible d’envoyer des donations sous forme de chèques et mandats-cash).

Qu'est-ce le CEPE?

Crée en 2002 à Nîmes pour soutenir trois militants skinheads impliqués dans une rixe avec des militants d’extrême gauche, le CEPE, qui s’appelait alors "Comité d’Entraide aux Prisonniers Politiques Européens" (CEPPE), était l’émanation de militants d’Unité Radicale (UR), groupuscule qui se distinguait la même année pour l’action de l’un de ses membres. Maxime Brunerie, adhérent d’UR, avait en effet tenté d’assassiner, le 14 juillet 2002, le Président de la République, Jacques Chirac.

Suite à cette tentative, Unité Radicale avait été dissoute. Une majorité des membres d’UR avait alors créé, avec des anciens membres du MNR et du FN, le "Bloc Identitaire".

En 2003, la caisse CEPPE est alors réactivée pour soutenir Maxime Brunerie et pour demander la libération de Michel Lajoye, un terroriste d’extrême droite condamné pour avoir mis une bombe dans un café arabe du Petit-Quevilly en 1987. Cette association, qui a longtemps été présidée par Richard Roudier, le chef de la Ligue du Midi, vient donc régulièrement en aide à des militants d’extrême droite poursuivis par la justice. Le Cepe avait notamment lancé une collecte début juillet 2012 pour venir en aide à un militant du Bloc Identitaire placé en détention après une violente rixe dans les rues de Toulouse, au cours de laquelle un étudiant chilien avait été grièvement blessé.

Contacté par l’AFP, Richard Roudier a affirmé qu’il n’était plus le dirigeant du CEPE, mais qu’il faisait partie de son bureau. Il a confirmé une initiative de l’association en soutien à Esteban Morillo.

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