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Égypte : une décision de justice interdit les activités des Frères musulmans

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Le tribunal du Caire a déclaré illégales les activités des Frères musulmans et a promis que leurs biens leurs seraient confisqués. Il s'agit du denier épisode visant à éradiquer une confrérie présente en Égypte depuis pas moins de 85 ans.

Les Frères musulmans sont plus que jamais des personæ non gratæ en Egypte. Depuis le renversement par l'armée de Mohamed Morsi, président du Parti Liberté et Justice, appendice électoral des Frères musulmans le 3 juillet 2013 à la suite d'un vaste mouvement populaire, l'étau n'a cessé de se resserrer autour de la confrérie.

Et même si elle s'en défend, promettant de rester "présente sur le terrain", les coups portés par les autorités égyptiennes risquent d'affaiblir considérablement l'organisation panislamisme.

Après la répression violente des manifestations pro-Morsi, l'arrestation de 2000 islamistes, la mort de plus de 1000 manifestants, l'arrestation le 20 août de Mohammed Badie, le chef suprême des Frères musulmans, le gel des avoirs des principaux dirigeants islamistes, le gouvernement égyptien s'en remet à la justice pour tenter d'éliminer définitivement ce qui reste de la confrérie.

Fondée en 1928 à Ismaïlia, l'organisation avait déjà fait l'objet d'une dissolution en 1954. Impliquée dans le réseau caritatif, elle avait toutefois bénéficié d'une tolérance tacite, gagnant progressivement en crédibilité et adhésions.

Ce lundi, la justice égyptienne a émis un jugement interdisant l'activité de "toute organisation qui émane ou est financée" par les Frères musulmans -comprendre par là, l'Association des Frères musulmans et le Parti de la Liberté et de la Justice qui avait permis aux Frères Musulmans de remporter démocratiquement les élections-. Elle accuse la confrérie de "s'être drapée dans l'islam pur pour ses activités qui contredisent le véritable islam et violent la loi".

Les Frères musulmans promettent en retour de rester "présent sur le terrain", menaçant de revenir à une clandestinité qui leur avait profité par le passé.

Gamal Eïd, militant des droits de l'homme en Égypte s'interroge sur la pertinence de cette décision judiciaire. En effet, si interdire c'est inciter, il estime que cette chasse aux sorcières pourrait se retourner contre le pouvoir.

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