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En Inde, les vaches ne sont plus autant sacrées

Dans le pays à vaste majorité hindoue, de plus en plus de bovins sont kidnappés pour finir en bifteck, rapporte le journal de référence The Times of India. New Delhi compte quelque 40 000 vaches « sacrées », baptisées gao mata (ou vaches mères) car leur lait nourrit toutes les créatures. Ces ruminants aux yeux doux déambulent librement dans les rues de la ville. Mais la nuit tombée, ils comptent leurs abattis. Des milliers de vaches ont été enlevées par des malfaiteurs qui les revendent à des abattoirs illégaux.

Les gangs ne font pas de quartier. Au volant de pétoires boostées, ils n’hésitent pas à charger les voitures de police. Ces kidnappings reflètent un changement profond dans la société indienne, analyse le quotidien The Times of India : la consommation de viande devient acceptable, même pour certains hindous. Anuj Agrawal, élevé dans un foyer hindou strictement végétarien, a goûté du poulet pour la première fois avec des amis quand il était ado. Aujourd’hui, il mange aussi du bœuf sauf avec ses grands-parents.

« Avec eux je suis totalement végétarien, je ne veux pas être déshérité». L’alimentation sans apport de viande reste un marqueur identitaire fort, comme en témoignent les commentaires vachards des lecteurs à l’égard des musulmans, accusés du vol de bétail. A Bombay (Mumbai), de nombreuses résidences ont décidé de bannir les carnivores. Dans ces enclaves hindoues ou jaïnes « les locataires ou acheteurs potentiels non végétariens sont discrètement découragés », explique Indrani Malkani, chef de l’Association des résidents de Malabar Hill (MHRA), cité par le journal South China Morning Post.

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