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Faut-il boycotter ou non les JO?

Nicolas Sarkozy a changé d'attitude à l'égard du Tibet. Alors qu'il avait dans un premier temps appelé à “la retenue et à la fin des violences par le dialogue”, le chef de l'Etat français s'est montré plus ferme à l'égard de Pékin mardi.

Interrogé sur un boycott des JO, le Président a déclaré que “toutes les options étaient ouvertes”, l'Elysée précisant qu'il évoquait la cérémonie d'ouverture et non l'ensemble des Jeux.

'J'en appelle au sens de la responsabilité des dirigeants chinois”, a-t-il ajouté, précisant: “Je veux que le dialogue commence et je graduerai ma réponse en fonction de la réponse qui sera donnée par les autorités chinoises”.

Aucun boycott n'a produit d'effets

Alors qu'Amnesty International est “contre tous les boycottages, y compris celui des cérémonies d'ouverture par les politiques”, le secrétaire général de Reporters sans frontières, Robert Ménard, qui avait réussi à légèrement perturber la cérémonie d'allumage de la flamme olympique, a demandé à être reçu par Nicolas Sarkozy pour tenter de le convaincre de boycotter la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques.

'La responsabilité est dans les mains des politiques. On n'appelle pas au boycott des sportifs, on demande à Nicolas Sarkozy de dire que si la situation ne s'améliore pas au Tibet et en Chine, il ne sera pas présent le 8 août à la cérémonie d'ouverture des JO”, a-t-il déclaré. Il appelle par ailleurs “tout le monde à se mobiliser sur le parcours de la flamme, qui sera le 7 avril à Paris”.

En réaction à la mise en garde du président français, la Chine appelle de nouveau à “ne pas politiser” les JO de Pékin. Elle se déclare par ailleurs opposée à tout contact officiel entre le dalaï lama et des responsables français, dans une réaction aux propos de la secrétaire d'Etat française aux droits de l'Homme Rama Yade, qui s'était déclaré prête à recevoir le chef spirituel bouddhiste.

L'opinion publique pour un boycott

Pour Ségolène Royal, “la menace de boycottage peut être efficace”. “Ne rien faire, organiser les JO comme si de rien n'était, ce serait une défaite de nos valeurs, de nos principes, dont nous paierions très cher les conséquences”. Les violations des droits de l'Homme ne peuvent pas être passées sous silence. C'est ce que pense la majorité des français, qui est favorable à un boycotttage de la cérémonie d'ouverture à 53%.

Bertrand Delanoë, quant à lui, a déclaré ne pas pouvoir “cautionner ce qui est de l'ordre du pouvoir politique chinois”, ajoutant: “Boycotter, ce n'est pas efficace, ça sanctionne les sportifs. Mais il faut poser des actes très forts”. En effet, peu de sportifs sont prêts à risquer de détruire leur carrière en boycottant les jeux. De plus, cela risque également de ne produire aucun effet.

Mais il ne faudrait pas que cette grande fête sportive serve aux chinois pour renforcer leur régime. “Un message clair doit être adressé à Pékin”, a déclaré Dominique de Villepin, pour qui “brandir” la menace d'un boycott de la cérémonie pourrait faire pression sur les autorités chinoises sur la question du Tibet.

'Boycotter les jeux, c'est se condamner de les avoir donnés”. Il est vrai que les violentes répressions chinoises au Tibet ont fait ressurgir la question bafouée des droits de l'Homme en Chine, même si leur violation existait déjà lors de la nomination de ce pays pour recevoir les Jeux Olympiques. On se réveille juste un peu tard...

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