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Ikea s’excuse publiquement d’avoir eu recours au travail forcé dans l’ex-RDA

Ikea a présenté vendredi à Berlin un rapport commandé au cabinet d'audit Ernst & Young. Il montre que des prisonniers en République démocratique allemande, parmi lesquels de nombreux dissidents politiques, ont été employés pour la fabrication de meubles fournis à la marque de suédoise il y a 25 à 30 ans. La direction de l'entreprise, ajoute le rapport, était informée du possible recours au travail forcé par certains de ses fournisseurs dans l’Allemagne de l’Est de l’époque.

«Nous regrettons profondément que cela se soit produit», a déclaré vendredi Jeannette Skjelmose, membre de la direction d'Ikea. «Nous n'avions pas à l'époque les systèmes de contrôle bien au point dont nous disposons aujourd'hui, et nous n'en avons clairement pas assez fait pour empêcher de telles méthodes de production», a-t-elle ajouté.

Avant même sa publication, cette étude a toutefois fait l'objet de vives critiques en Allemagne, l'Association d'aide aux victimes de la RDA reprochant notamment une «mise en scène non scientifique», ne faisant pas appel à des historiens qualifiés.

Selon la presse allemande, d'autres groupes ont eu recours à de la main-d’œuvre forcée en Allemagne de l'Est. «Ikea n’est que la partie visible de l’iceberg», a ainsi déclaré Rainer Wagner Wagner, lui-même emprisonné par les autorités est-allemandes dans les années 1960. Le président du groupe des victimes UOKG a ajouté que des allégations similaires ont été formulées à l’encontre de sociétés de vente par correspondance d’Allemagne de l’Ouest et d’anciennes entreprises publiques est-allemandes privatisées depuis la réunification en 1990.

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