Excite

Inde : les violeurs présumés de New Delhi devant le juge

  • SAJJAD HUSSAIN / AFP

Le 16 décembre dernier, le viol collectif d'une jeune étudiante indienne avait provoqué une très forte vague d'indignation et de protestation à New Delhi la capitale. La jeune génération indienne réclamait moins de laxisme envers les crimes de ce type et plus de sécurité pour les femmes. Depuis, la jeune fille a succombé à ses blessures et les auteurs de ce crime barbare ont été arrêtés. Ils comparaissent ce lundi matin : ils devront répondre aux accusations d'enlèvement, de viol, de meurtre et de vol. Ils encourent la peine de mort.

Ram Singh, Mukesh Singh, Vijay Sharma, Akshay Thakur et Pawan Gupta sont âgés de 19 à 35 ans. Ils proviennent pour la plupart d'entre eux des bidonvilles de New Delhi. Ils comparaissent pour la première fois devant un tribunal pour le crime d'une jeune étudiante et l'agression de son compagnon. Un sixième accusé devrait être jugé par un tribunal pour mineurs si son âge devait être confirmé par des examens osseux. Il déclare avoir 17 ans. Deux des prévenus ont déposé samedi une demande pour obtenir le statut d'informateur contre les autres accusés, en échange d'une peine réduite.

Le gouvernement a réagi aux critiques adressées à son système judiciaire en accélérant la procédure après le décès de la jeune femme à l'hôpital de Singapour où elle avait été transférée après trois opérations et un arrêt cardiaque. La jeune étudiante en médecine avait 23 ans. Ce crime a enflammé la capitale durant plusieurs semaines et ému l'opinion internationale. De nombreuses veillées funèbres avaient étaient organisées en mémoire de la jeune femme. Des hommes politiques ou de simples citoyens ont décidé de ne pas fêter la nouvelle année par des manifestations de joie en hommage à la victime. Sur Facebook la nouvelle a rapidement circulé, dénonçant au passage les problèmes de viol en Inde et à New Delhi en particulier. La capitale est tristement surnommée "la capitale du viol".

La police a annoncé qu'elle prévoyait une "sécurité maximale" lors des audiences, pour éviter les risques d'agression envers les accusés. De nombreuses voix réclament leur pendaison à l'instar du père de la victime qui exige la peine capitale.

Les six accusés ont été reconnus par le compagnon de la jeune femme. Des traces de sang appartenant à la victime ont été retrouvées sur les vêtements des personnes arrêtées. Le compagnon a dénoncé devant les médias la cruauté du crime mais aussi la lenteur d'intervention de la police et l'indifférence des passants. Le père de la jeune victime a demandé quant à lui que l'on rende public le nom de sa fille "pour donner du courage aux autres femmes". En Inde en effet la loi interdit que le nom des victimes de viols soit révélé.

Pourtant dans ce pays, un viol est signalé aux autorités toutes les vingt minutes en moyenne. Ce "viol en trop" a ouvert un débat national sur les violences faites aux femmes et sur l'apathie de la justice et de la police devant ces crimes, souvent impunis.

France - Excite Network Copyright ©1995 - 2017