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Italie : Bersani est le nouveau vieux visage de la gauche italienne

  • ANDREAS SOLARO/AFP

Dimanche 2 décembre 2012, la gauche a choisi son poulain. Les primaires du Partito democratico (PD), le parti centre gauche italien, ont désigné Pierluigi Bersani comme candidat aux prochaines élections politiques qui auront lieu au printemps prochain.

Le secrétaire du PD s'est nettement démarqué de son adversaire Matteo Renzi, le jeune et dynamique maire de Florence, en remportant 61 % des suffrages.

Pierluigi Bersani est un vieux loup de la politique : secrétaire du PD depuis 2009, ministre de l'industrie, des transports puis du développement économique des gouvernements successifs Prodi, on retrouve Bersani au gouvernement de 1996 à 2001, puis de 2006 à 2008.

L'argument principal de Matteo Renzi qui appelait le peuple italien à "rottamare", ou encore à renouveler sa classe politique, a été entendu mais n'a pas été décisif. L'électorat a préféré au final donner sa voix à l'expérience et au charisme de Bersani fortement apprécié pour son implication dans le monde du travail en particulier et pour son profil plus ancré à gauche.

Renzi dont le style et la communication était nouvelle à l'intérieur du parti se voulait incarner le nouveau visage de la gauche : une gauche neuve, débarrassée des vieux partis centristes et catholiques (UDC), sans compromis, décidée à reprendre en main l'Italie des PMI, sociale mais énergique. Une gauche prête à se lever tôt le matin.

Renzi a convaincu une partie de l'électorat en emportant le premier tour notamment face à "l'intellectuel" Nichi Vendola. Mais sa communication jugée trop proche du PDL, la droite berlusconienne, a effrayé une grande partie des électeurs de gauche. A l'annonce des résultats, Bersani a pourtant promis de ne pas oublier cette nouvelle génération politique, chère au maire de Florence. Il s'est dit reconnaissant envers Renzi d'"avoir porté force et fraîcheur et une grande contribution à ces consultations".

"J'ai finalement fait quelque chose de gauche : j'ai perdu" a ironisé Matteo Renzi face à la défaite.

Bersani n'a pas attendu longtemps pour enfiler sa livrée de successeur de Mario Monti. Il annonce un voyage imminent en Libye et ajoute : "nous devons faire de suite deux choses, à partir de demain, ou plutôt dès maintenant. Premièrement nous donner un haut profil de gouvernement, mais en gagnant sans raconter de fables, car nous vivons une des crises les plus graves depuis l'après-guerre. Ensuite donner un grand signal de changement du centre gauche. Un changement qui signifie espaces et occasions pour la nouvelle génération".

Malgré la nette victoire, Bersani est parfaitement conscient qu'il souffre d'une confiance mitigée auprès de son électorat qui lui reproche d'avoir côtoyé des gouvernements qui n'ont pas su arrêter la vague -dévastatrice selon le centre gauche- du berlusconisme.

La responsabilité est lourde : faire gagner la gauche contre l'adversaire. Quel adversaire ? Monti, Berlusconi ? "Moi j'ai gagné. celui qui arrive arrive". annonce le nouveau candidat Bersani.

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