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Jacques Vergès, l'avocat du diable, est mort

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Jacques Vergès, un des avocats français les plus controversés pour avoir défendu Klaus Barbie, le terroriste international Carlos, le khmer rouge Khieu Samphan et était disposé à défendre Slobodan Milošević, Laurent Gbagbo ou encore Saddam Hussein, s'est éteint à l'âge de 88 ans, a annoncé le Conseil national des barreaux.

"Il est mort il y a environ 2H30. J'ai été prévenu par ses proches", a précisé Christian Charrière-Bournazel, le président du CNB. Il a ajouté avoir "dîné avec lui il y a une dizaine de jours. Il avait fait une chute il y a quelques mois, et du coup il était très amaigri, marchait très lentement. Il avait des difficultés à parler mais intellectuellement il était intact. On savait que c'étaient ses derniers jours mais on ne pensait pas que ça viendrait aussi vite".

Charrière-Bournazel a rappelé que Me Vergès était "un très brillant avocat, avec une grande culture (...), "très courageux et très indépendant", mais aussi "très narcissique", un "provocateur" qu'il avait affronté au côté des parties civiles lors du procès de Klaus Barbie que défendait Me Vergès. "Ce qu'on peut retenir de Jacques Vergès, c'est à la fois le talent, le courage, l'engagement et le sens de la contradiction avec un respect de l'autre. Un avocat, ce n'est pas un mercenaire, c'est un chevalier, et Jacques Vergès était un chevalier".

Surnommé l'avocat de la terreur et autoproclamé le salaud lumineux, l'avocat né au Cambodge d'une mère vietnamienne -son père était consul français de la Réunion- était avant tout un "avocat défenseur". Ses convictions anticolonialistes très fortes -il épousa sa cliente Djamila Bouhired, condamnée pour attentat à la bombe durant la bataille d'Alger-, sa défense de la Palestine, son passé de résistant, sa relation trouble avec Pol Pot, sa mystérieuse interruption de carrière et disparition entre 1970 et 1978 font de Jacques Vergès un personnage ambigu et énigmatique.

Son nom est associé à des procès controversés et médiatisés. Celui du chef de la Gestapo Klaus Barbie est sans doute le plus célèbre, mais encore celui de Max Frérot, un des acteurs d'Action directe, du philosophe Roger Garaudy qui s'est illustré par ses prises de position négationistes.

"Serais-je prêt à défendre Hitler ? Bien sûr ! Et même George W. Bush. Je suis prêt à défendre tout le monde à condition qu’ils plaident coupables" avait déclaré l'avocat Vergès.

Un documentaire intitulé L'avocat de la terreur réalisé par Barbet Schroeder avait tenté de retracer le parcours de ce personnage hors norme.

Jacques Vergès déclara "Pour un esprit équilibré, la mort n'est qu'une grande aventure de plus." Le voici donc rendu dans cette ultime aventure.

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