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Karadzic accuse Holbrooke et Albright

Radovan Karadzic, l’ex-président des Serbes de Bosnie a été présenté pour la première fois devant le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) à La Haye, le 31 juillet dernier. Il est inculpé pour trois chefs d’accusation: crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide pour les massacres commis par ses hommes lors du conflit de 1995.

Il est en fuite depuis plus de treize ans. Mais se cachait pourtant, dans son propre pays. Radovan Karadzic exerçait la médecine douce, sous une fausse identité, au nez et à la barbe de toutes les polices mondiales. Son passé l’a rattrapé, il est arrêté à Novi Beograd, Belgrade, le 22 juillet.

Un accord avec les Américains?

Il laisse derrière lui 10.000 morts à Sarajevo, 8.000 morts à Srebrenica. Mais ce qui devait se passer comme un jugement sans heurts, risque de prendre une toute autre tournure. En effet, Karadzic dénonce un accord conclu entre l’ancien négociateur américain Richard Holbrooke, l’ex-secrétaire d’Etat Madeleine Albright et lui.

Karadzic affirme que les autorités américaines lui aurait promis l’immunité depuis 1996, à condition qu’il se retire de toute vie publique. L’ex-leader serbe demande que comparaissent Holbrooke et Albright devant la justice pénale. Les deux compères démentent vigoureusement toute négociation: "mensonge absurde et risible que Karadzic répand depuis des années".

Pourtant des éléments bien réels, semblent jeter le doute. Tout d’abord, il y a une interview inédite que Karadzic a donnée en 1997. Il y racontait déjà, le marché conclu avec Richard Holbrook, six mois après l’accord de paix de Dayton (1995). Et y déclarait que "la capitale des Pays-Bas n’aura pas le privilège de m’héberger. Richard Holbrooke m’a proposé le compromis de me retirer dans l’anonymat en échange de la protection américaine face au Tribunal de La Haye. J’ai respecté ma partie".

Etrange. Cette interview a été réalisée pour un documentaire historique et a été authentifiée par deux proches de Karadzic. A l’époque Richard Holbrooke expliquait que son projet d’accord prévoyait que Karadzic "quitterait la Bosnie et se soumettrait au Tribunal pénal international". Tout semble alors normal. Mais après de nombreuses négociations avec Karadzic, cette clause de soumission au TPIY a disparu mystérieusement de l’accord public, publié le 19 juillet 1996.

Le frère de Radovan Karadzic, Luka Karadzic raconte: "L’accord Holbrooke-Karadzic était un gentleman’s agreement, pas un accord écrit noir sur blanc. Radovan devait se retirer de la vie politique et ils le laisseraient tranquille".

Les prochaines semaines vont donc être déterminantes pour faire toute la lumière sur cette affaire.

Photo: Flickr

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