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L’oncle de Kim Jong-un dévoré par les chiens : info ou intox ?

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L’information selon laquelle Jang Song-taek, l’oncle du leader nord-coréen Kim Jong-un aurait été dévoré par une horde de chiens affamés a été rapportée début décembre par le quotidien hongkongais Wenweipo, puis relayée par le journal anglophone de Singapour Straits Times. Depuis, l’annonce de cette exécution cruelle digne des personnages les plus dérangés de films de séries Z a été reprise par toute la presse internationale. Pourtant en l’absence de sources vérifiées, certains journaux -dont le Washington Post- s'interrogent sur la véracité de l’information.

Rumeur vous avez dit rumeur ? L’isolement et l'opacité de la Corée du Nord facilite la construction de légendes autour des exactions de son régime autoritaire. L’absurdité de ce pays, son totalitarisme, sa cruauté avérée en fait un objet de curiosité et de fascination pour un grand nombre de médias.

Au vu des témoignages de certains prisonniers de camps de rééducation, de l’exécution expéditive de l’ex petite amie Kim Jong-un, il n’est pas si difficile d’imaginer que le leader nord-coréen ait été capable d’actes de grande barbarie.

L’article du Straits Times était par conséquent plausible. Selon le quotidien, Jang Song-thaek aurait été jeté dans une cage avec cinq de ses collaborateurs, une fois déshabillé. 120 chiens affamés auraient ensuite été lâchés sur les condamnés jusqu’à ce que ceux-ci soit complètement dévorés. L’exécution qui aurait duré une heure, se serait déroulée sous le regard de Kim Jong-un en personne et de celui de 300 autres collaborateurs.

Rappelons que Jang Song-taek, 67 ans, était l’oncle du leader nord-coréen et qu’il dirigeait le Parti des travailleurs de la RPDC avant d’être accusé de trahison pour avoir fomenté un complot contre Kim Jong-un. Il a été défini comme « le pire traître de la nation de tous les temps » par les organes officiels nord-coréens.

Pourtant même si le quan jue (exécution par les chiens) semble être utilisé en Corée du Nord, cette dernière information concernant la mort de Jang Song-taek fait néanmoins l’objet d’une forte suspicion.

D’abord parce que l'article du journal « pro-chinois » Weiwenpo qui a fait émerger cette information est sujet à caution, puisqu’il ne se réfère à aucune source dans son texte. Tant est que le papier n’a été repris ni par les journaux chinois, ni par les médias sud-coréens.

Ensuite le fait qu’un membre de la famille du leader nord-coréen, haut fonctionnaire qui plus est, puisse subir une telle fin est difficile à croire selon les experts.

On peut plutôt penser que le quotidien hongkongais ait voulu faire de l’audimat au détriment de la vérification de la version des faits.

Selon d’autres sources, Jang Song-taek et ses associés aurait été fusillés le 12 décembre dans le bâtiment du ministère de la Sécurité d'Etat à Pyongyang. Une chose est sûre : les conditions de la fin de l'oncle de Kim Jong-un restent obscure et la Corée du Nord n'a pas fini d'alimenter les rumeurs les plus invérifiables.

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