Excite

La biométhanisation, une technique d’avenir

Pour une entreprise de fruits et légumes, c’est un vrai casse-tête : que faire des tonnes d’aliments invendables récupérées chaque année ? Et comment se mettre en accord avec la loi issue du Grenelle de l’environnement qui oblige les entreprises produisant plus de 120 tonnes par an à recycler leurs déchets organiques ? Les solutions les plus courantes sont d’utiliser ces restes pour l’alimentation animale ou pour préparer du compost.

Dans le Tarn-et-Garonne, l’entreprise Boyer préfère transformer ses déchets alimentaires en électricité. En janvier, l’usine de conditionnement de fruits tels que les melons, prunes, poires, kiwis a acquis une unité de biométhanisation. Ainsi, les fruits gâtés ou non présentables sont directement envoyés vers deux cuves de 450 000 litres.

A l’abri de la lumière et de l’oxygène se déroule un processus naturel de décomposition : une liqueur transforme les acides gras issus de la pulpe des fruits. Puis le mélange est envoyé à travers un système de filtration dans la seconde cuve, où s’opère la méthanisation grâce à l’action de bactéries. Le biogaz alors formé alimente un moteur qui le convertit en courant. L’entreprise Boyer produit ainsi 104 kW/h par mois qu’elle revend à EDF, soit les besoins en électricité de 150 familles et les dépenses en chauffage de 90 autres.

Posséder son unité de biométhanisation n’est, hélas, pas à la portée de tous les maraîchers. Celle de l’entreprise Boyer a coûté 1,5 million d’euros, dont une partie provient de financements publics. Une somme que le patron compte amortir en économisant 150 000 euros par an, le montant de son ancienne facture de déchetterie.

France - Excite Network Copyright ©1995 - 2017