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La France parle avec le Hamas

Le Figaro révèle que la France est entrée en contact avec le Hamas. Yves Aubin de La Messuzière, ancien ambassadeur en Irak et patron de la direction Afrique du Nord, Moyen-Orient au Quai d'Orsay, à la retraite depuis janvier, aurait rencontré, il y a un mois environ, Ismaël Haniyeh et Mahmoud Zahar, principaux responsables du Hamas.

’J’ai dit au Hamas qu'il devait se rapprocher au maximum des conditions imposées par l'Occident pour qu'on leur parle (mettre fin au terrorisme, reconnaître l'Etat hébreu et entériner les accords signés entre Israël et l'Autorité palestinienne, NDLR). Ils m'ont répondu qu'ils étaient prêts à accepter un Etat palestinien dans les frontières de 1967, ce qui équivaut à une reconnaissance indirecte d'Israël", explique-t-il au Figaro, avant d'ajouter :"ils se sont dits prêts à arrêter les attentats kamikazes, et ce qui m'a surpris, c'est que les dirigeants islamistes reconnaissent la légitimité de Mahmoud Abbas (le chef de l'Autorité palestinienne, NDLR). Dans tous les bureaux où je suis allé, son portrait était collé à ceux des responsables du Hamas", confie Aubin de La Messuzière, qui qualifie sa visite de "très utile".

A Amman, en Jordanie, un proche de la direction du Hamas reconnaît, de son côté, avoir reçu récemment "des chercheurs français qui voulaient savoir ce qu'ils pouvaient attendre du Hamas si on leur parlait". Et il ajoute : "La situation va se débloquer prochainement. De vrais contacts politiques vont avoir lieu. "

Le chef de l'Etat, Nicolas Sarkozy, doit se rendre en visite officielle en Israël et dans les territoires palestiniens du 22 au 24 juin. "Ce ne sont pas des relations, ce sont des contacts. Il faut que nous puissions parler (avec le Hamas) si nous voulons jouer un rôle, si nous voulons d'abord que nos émissaires puissent passer à Gaza", a déclaré le ministre des affaires étrangères sur Europe 1. "Avoir des contacts, c'est une chose. Nous ne sommes pas les seuls à en entretenir", a souligné Bernard Kouchner, tout en ajoutant que "la vraie discussion, c'est entre les Palestiniens". Lors de son interview du 24 avril, Nicolas Sarkozy avait dit : "Je ne dois pas parler au Hamas (...) parce que je n'ai pas le droit de parler à une organisation qui a annoncé qu'elle voulait rayer Israël de la carte."

Paris souhaiterait que sur ce dossier très sensible une avancée puisse avoir lieu pendant les six mois de présidence française de l'Union européenne, à partir du 1er juillet. La diplomatie française récupérerait ainsi les progrès réalisés par d'autres pays européens qui n'avaient pas ses réticences. Ces dernières années, Espagnols et Britanniques, notamment, ont su maintenir le lien avec les islamistes palestiniens.

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