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La junte birmane peine à accepter l'aide internationale

Les dizaines de milliers de rescapés du cyclone Nargis ont perdu leurs familles, n'ont nulle part où aller et n'ont plus rien à manger. Il n'y a plus non plus d'eau potable. C'est pourquoi, terrassée par l'ampleur du désastre, la junte au pouvoir depuis près de 50 ans a fini par accepter l'aide internationale.

Les généraux, très sourcilleux de la souveraineté nationale, suspectent toujours les étrangers de “tactiques sournoises visant à leur perte”. Ils n'ont ouvert les portes du pays qu'à contrecoeur. En 2004, lors du tsunami, la Birmanie avait été l'unique pays affecté à refuser l'aide étrangère. Cette fois-ci, pour désamorcer la colère des populations, le régime n'a guère d'autre solution que d'accepter les mains tendues.

Problèmes de visas

Le ministre birman du Bien-Etre social a prévenu que les équipes qui voudront intervenir devront négocier avec le régime leurs entrées sur le territoire. Une source proche des militaires assure que toutes les agences de sécurité sont en alerte et qu'une ciculaire leur enjoint de ”surveiller les organisations internationales et de limiter leurs mouvements jusqu'au référendum de samedi”. Un ministre a justement été désigné pour examiner les demandes de visas des travailleurs humanitaires étrangers, mais aucun nouveau visas n'a encore été accordé cinq jours après le passage du cyclone, a indiqué mercredi un porte-parole de l'ONU.

Seuls quelques groupes humanitaires, Word Vision par exemple, ont pu déployer des équipes. Les autres, à commencer par les agences humanitaires des Nations Unies, qui selon le secrétaire général, Ban Ki-Moon, “feront tout ce qu'elles pourront pour fournir une assistance d'urgence”, peinent à vaincre les résistances. Un avion transportant 25 tonnes de matériel humanitaire et une équipe de l'ONU devra quitter Brindisi (Italie) mercredi pour venir en aide aux victimes. L'appareil transportera notamment des comprimés de purification d'eau, des générateurs électriques, des tentes, des bâches, du matériel de cuisine, des couvertures et des moustiquaires.

Aide matérielle et financière

Après les Etats-Unis et plusieurs pays européens, la Finlande et Singapour vont accorder une aide humanitaire d'une valeur de 370.000 euros pour le premier, et 129.500 euros pour le second. “Ils n'ont pas accepté l'aide directe et ils n'ont pas accepté le personnel que nous leur proposions”, a regretté le ministre français des affaires étrangères, Bernard Kouchner. Paris a débloqué 200.000 euros en faveur des organisatins humanitaires déjà présentes en Birmanie. De son côté, la Chine, proche alliée du régime birman, a annoncé un don d'urgence d'un million de dollars, sous forme “d'argent liquide et de matériel”.

Problèmes logistiques

A la mauvaise volonté politique de leurs interlocuteurs, les sauveteurs doivent ajouter les immenses problèmes logistiques. L'accès aux zones dévastées est presque impossible, les routes sont encombrées de débris et de cadavres de personnes et d'animaux, formant une véritable jungle. Les hélicoptères sont le seul moyen d'atteindre les sinistrés.

L'organisation des secours est compliquée par ailleurs par la rupture des lignes téléphoniques. “Faute de communications, nous n'avons que très peu de renseignements, reconnaît un humanitaire. On ne peut pas encore véritablement se rendre compte, ni des dégâts, ni des besoins. Mais on sait déjà que sans une rapide aide extérieure, la catastrophe sera immense”. Le dernier bilan fait état de 22.000 morts.

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