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La Russie refuse toujours de qualifier Srebrenica de génocide

Récemment, de nombreuses voix se sont élevées contre le veto qu’a opposé la Russie à un projet de résolution qualifiant le massacre de Srebrenica de génocide. Ce projet avait été déposé par la Grande-Bretagne, à l’occasion du vingtième anniversaire du massacre, survenu à la fin de la guerre qui a sévi en Bosnie-Herzégovine de 1992 à 1995. Après la chute de la ville de Srebrenica, 8 000 hommes et jeunes garçons, tous Bosniaques, avaient été tués par les forces serbes menées par Radovan Karadzic.

En bloquant la motion de l’ONU, «la Russie a confirmé sa négation du génocide, au risque de passer pour un pays soutenant le génocide», estime le quotidien bosnien Danas, qui en analyse les motivations : «Il n’est pas à exclure que le mot génocide embarrasse les hommes politiques russes, Vladimir Poutine en tête, vu le nombre de tombes appartenant à des volontaires russes qui ont participé à l’agression de la Bosnie-Herzégovine».

Côté serbe, le veto russe a suscité des réactions partagées, même au sein du pouvoir. Alors que le président serbe salue «la victoire de la Serbie et de la Russie», le Premier Ministre, Aleksandar Vucic, s’est gardé de parler de cet événement comme d’une victoire diplomatique pour Belgrade.

Un autre quotidien bosnien, Blic, s’interroge lui aussi sur les motivations du veto russe : «La Russie ne fait rien gratuitement, comme toutes les autres puissances. Les Serbes croient que cette assertion ne vaut pas pour leurs frères russes mais, même à l’égard de la Serbie, la Russie mène une politique qui tient compte avant tout de ses intérêts». Quant à la résolution britannique, Blic conclut que «ce texte ne désigne pas les Serbes comme seuls responsables des crimes commis pendant la guerre en Bosnie-Herzégovine, contrairement à l’interprétation de certains à Belgrade et à Moscou. Pour s’en rendre compte, il suffit de le lire avec attention».

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