Excite

L'Argentine crie à l'injustice financière

  • Getty Images

L'agence de notation Fitch a déclaré la dette argentine en «défaut partiel», comme l'avait fait Standard and Poor's, à la suite de quoi la Bourse de Buenos Aires a bien évidemment perdu des plumes. Pour la présidente de centre-gauche Cristina Kirchner, l'Argentine n'est toutefois pas en défaut de paiement: «Défaut sélectif? Cela n'existe pas. Le défaut, c'est de ne pas payer. Nous avons la vocation de dialoguer mais nous devons défendre nos droits et les intérêts du pays. Que ce monde mette un frein aux fonds vautours et aux banques insatiables qui veulent s'enrichir avec une Argentine à genou».

Le défaut de paiement porte sur 539 millions de dollars (environ 400 millions d’euros), une somme versée par la Banque centrale d'Argentine en juin mais bloquée à New York par une décision judiciaire. Dans un pays déjà fragilisé par la récession, 30% d'inflation et un déficit budgétaire, l'inquiétude monte, même si la situation est loin d'être aussi grave que lors de la crise de 2001. Buenos Aires continue de payer ses autres créanciers, alors qu'en 2001, l'Argentine s'était déclarée en défaut pour 82 milliards de dollars (61 milliards d’euros).

La présidente argentine estime que son pays a été visé par «des missiles financiers» tirés par les fonds «vautours». Le chef du gouvernement argentin Jorge Capitanich a lui aussi dénoncé le parti-pris de la justice des Etats-Unis et menacé de saisir des instances internationales. «Si le juge est un agent des fonds spéculatifs, si le médiateur judiciaire est un agent à eux, de quelle justice parle-t-on ? Il y a dans cette affaire une responsabilité de l'Etat, des Etats-Unis, qui doivent garantir les conditions d'un respect sans restriction de la souveraineté des pays».

Les discussions à New York sont restées dans l'impasse. Les fonds «vautours» et le juge Thomas Griesa ont mis en avant que l'Argentine devait respecter la loi des Etats-Unis et appliquer un jugement lui ordonnant de payer 1,3 milliard de dollars (968 millions d’euros) à deux fonds américains. De son côté, l'Argentine martèle que si elle s'exécute, elle viole la clause RUFO figurant dans les contrats de la dette restructurée en 2005 et 2010 libellés à New York, spécifiant que tous les créanciers doivent bénéficier des mêmes conditions de remboursement.

France - Excite Network Copyright ©1995 - 2019