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Le geste commercial du candidat Berlusconi : "Je vous rembourserai l'impôt sur l'habitation"

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A quelques semaines des élections politiques italiennes (24 et 25 février), le candidat Silvio Berlusconi passé maître dans l'art de la surenchère, promet aux italiens non seulement de supprimer l'IMU, un impôt sur l'habitation principale très impopulaire dans le pays introduit par l'actuel gouvernement Monti, mais en plus de le rembourser à chaque citoyen, en argent comptant. Rubis sur l'ongle.

Berlusconi est un habitué de ce genre de "geste commercial". Lors du dernier débat télévisé qui l'opposait à Romano Prodi durant les élections 2006, le Cavaliere avait déjà lancé en direct -et en dernière offre- la promesse de l'abolition de l'ICI, autre taxe foncière destinée à tous les propriétaires. "Pour nous [Forza Italia] la première habitation est sacrée , comme l'est la famille. C'est pour cette raison que nous aboliront l’Ici sur la première habitation. Vous avez bien compris : nous aboliront l'Ici sur toutes les premières habitations, donc aussi sur la votre".

La Campagne 2013 est ardue. Le pays est plongé dans une crise dont il n'ose même plus imaginer la fin et les frasques de l'ancien Président du Conseil sont encore fraîches dans la tête de ses électeurs. L'image du candidat Berlusconi a été durement écornée.

Question moralité, le Cavaliere s'est racheté une virginité en présentant sa nouvelle petite amie en direct des plateaux télé. Le message d'une nouvelle vie rangée était directement adressé à la ménagere de plus de 50 ans - la tranche électorale la plus fidèle à Berlusconi.

Autre cible électorale : le petit entrepreneuriat et les foyers de la classe moyenne qui ont peu de foi en l'Etat. Mario Monti et sa politique "lacrime e sangue" (larmes et sang) a redressé la dette publique au prix de nombreux sacrifices. Les ménages ont dû faire face à une augmentation constante des impôts sans un retour de croissance. La plus impopulaire des taxes est indiscutablement celle de l'IMU. Elle concerne la majorité des italiens - près de 80% des Italiens sont propriétaires d'au moins une résidence, un des pourcentages les plus élevés de l'Union européenne.

"Si je joue c'est pour gagner" avait averti Silvio Berlusconi lors de l'annonce de sa candidature aux élections 2013. "J'ai une proposition shock à faire aux familles" avait-il par la suite anticipé en janvier 2013. Aux grands défis, les grands moyens : s'il est élu, Silvio Berlusconi promet de rembourser ce qui a été selon lui prélevé injustement des poches des italiens.

Suite à cet énième coup de théâtre, la toile s'est déchainée. Une FanPage de Facebook "Je restituerai" dédiée aux promesses qu'auraient pu faire le Cavaliere multiplie les parodies "Je vous restituerai vos cheveux", "Je vous restituerai le soldat Ryan", "Je vous restituerai la Joconde", "Je vous restituerai les sénateurs que j'ai acheté". Mais la parodie accompagne l'homme politique Berlusconi depuis ses premières heures, sans l'empêcher de gagner les élections à plusieurs reprises.

Les italiens vivent un désamour pour la politique, l'abstentionnisme aux dernières élections administratives en est l'ultime démonstration. La classe politique, tous bords confondus souffre d'un fort déficit de crédibilité. Le dernier scandale en date qui touche la banque Monte dei Paschi di Siena proche du PD (Parti démocratique à gauche) enfonce un peu plus les électeurs dans la perplexité. Et dans un contexte où l'opportunisme pourrait bien faire la part belle à l'idéologie, il se pourrait bien que les arguments du marchand Silvio Berlusconi l'emportent sur la rhétorique érodée de ses adversaires politiques.

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