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Le Groenland est devenu le nouvel Eldorado des prospecteurs

Le bureau des minéraux et du pétrole de Nuuk, la capitale du Groenland, a déjà accordé plus de 120 licences d’exploration à une quarantaine d’entreprises. Cet été, les 57 000 habitants de l’île ont assisté à un étrange défilé, qui a commencé avec la venue de la secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, en mai, suivie d’une délégation chinoise en juin. Puis du commissaire européen à l’industrie, Antonio Tajani, quelques jours plus tard, avant la visite du président sud-coréen, Lee Myung-bak, en août.

L’accélération de la fonte des glaces dans la région, facilitant l’accès à l’île, est en partie responsable de cet intérêt croissant pour le Groenland, mais pas seulement. «Le boom de l’industrie minière et la détermination des autorités groenlandaises à en tirer profit» ont accéléré la ruée vers les ressources naturelles de l’île, déclare Karen Hanghøj, chef de département au Centre d’étude géologique du Danemark et du Groenland à Copenhague.

Car, depuis 2009, la province danoise dispose d’une autonomie renforcée, qui lui permet de contrôler l’attribution des licences d’exploration et d’exploitation de ses richesses. Et si elle est toujours financièrement dépendante de Copenhague, qui lui verse 455 millions d’euros par an, elle compte désormais sur le développement de son industrie minière pour gagner son indépendance vis-à-vis du Danemark.

Toutefois, les organisations écologistes mettent en garde contre toute précipitation, qui pourrait nuire au futur de la région. Un exemple : le mégaprojet de la London Mining, à 150 kilomètres de Nuuk, qui prévoit la production de 15 millions de tonnes de fer par an, avec le soutien financier de la China Development Bank. «En utilisant des générateurs fonctionnant au diesel plutôt que de l’énergie hydroélectrique, la mine va presque doubler les émissions de dioxyde de carbone sur l’île», accuse ainsi Mikkel Myrup, président de l’association Akavaq.

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