Excite

Le thon rouge le plus cher au monde

L'acquéreur de ce trésor de table est Kiyoshi Kimura, propriétaire d'une chaîne de restaurants de sushis, qui avait déjà remporté l'enchère l'année dernière. « Je compte le servir dans mon restaurant, et ce au prix habituel de 128 yens (1 euro) le sushi » (ndlr : au lieu de 300 à 400 euros, s'il veut tenir compte du prix d'acquisition réel), a-t-il déclaré aux journalistes.

Le spécimen a été pêché au large d'Oma, dans le nord de Honshu. Vendre son thon rouge à un prix aussi élevé est un prestige pour les pêcheurs de la région, car la première criée, qui constitue un événement majeur après le nouvel an, est la meilleure publicité qu'ils puissent espérer. Certains acheteurs se sont toutefois montrés suspicieux : « Ne s'agirait-il pas d'une opération marketing déguisée ? Ce prix est anormalement élevé ! On pourrait construire une maison » a confié l'un d'entre eux au journal Sponichi.

Mais pourquoi donc un tel coût pour un poisson ? Tout d'abord parce que le thon rouge est particulièrement prisé par les Japonais, qui consomment les deux tiers de la production mondiale. En hiver, le Thunnus orientalis se recouvre de gras pour surmonter le froid, et devient encore plus savoureux. Cependant, comme l'explique le Nihon Keizai Shimbun, « les conditions de pêche durant cette saison sont particulièrement rudes et le nombre de prises diminue, tandis que la demande sur le marché est boostée par les fêtes de fin d'année ».

A cela s'ajoute le fait que, ces dernières années, des acheteurs étrangers, notamment chinois, se sont joints à la course ; les prix pratiqués lors de cette enchère ont alors brusquement grimpé. Par ailleurs, « l'acquisition du thon rouge à la première criée de Tsukiji devient aussi une affaire de fierté, notamment depuis la montée des tensions entre Tokyo et Pékin autour du contentieux territorial en mer de Chine méridionale », explique Yotsumoto Masahiro, chercheur au Dentsu Innovation Institute dans les colonnes du quotidien économique.

Hidemi Kumai, professeur d'halieutique de l'université Kindai, a, quant à lui, confié à l'Asahi Shimbun : « On peut espérer que ce prix exorbitant permette aux uns et aux autres de prendre conscience qu'il s'agit d'un poisson victime de la surpêche. »

France - Excite Network Copyright ©1995 - 2017