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Les égyptiennes unies contre les agressions sexuelles Place Tahrir

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Après l'Inde qui a été agitée par de forts mouvements de révolte suite au viol et massacre d'une étudiante de New Delhi, on assiste aujourd'hui à des mouvements de contestation contre les violences faites aux femmes, mais au Maghreb cette-fois. Faut-il y voir les premiers signes de changements sociaux radicaux ?

300 égyptiennes se sont réunies mardi dernier au Caire pour dénoncer les agressions, les viols et les humiliations dont elles ont été victimes depuis le début de la révolution. Ces femmes sont convaincues que ces agressions visent à les dissuader de manifester.

Ces femmes sont pourtant déterminées. "Il faut raconter le mal pour le combattre. Il ne faut plus craindre de parler" explique une des manifestantes, à l'instar de la jeune femme qui a osé témoigner de son viol sur les plateaux télé, ce qui n'était jamais arrivé avant-elle.

Ce qui font dire à ces femmes qu'il s'agit de techniques d'intimidation et de dissuasion c'est que ces agressions suivent toujours le même modus operandi. Place Tahir, lorsque la nuit tombe, une femme est isolée et encerclée par un groupe d'hommes et des centaines de mains anonymes lui arrachent ses vêtements et lui touchent ses parties intimes. Noyées dans la masse, ces mains resteront anonymes et ne devront jamais répondre à la justice.

"Tout ceci est finement manigancé. Il y a une volonté délibérée de terroriser les femmes pour qu'elles renoncent à manifester. Les islamistes au pouvoir sont encore pires que le régime de Moubarak. Ils veulent imposer leurs idées moyenâgeuses en étouffant la contestation."

A la Chambre haute du Parlement les accuse de provoquer les hommes en assistant à ces manifestations, elles rétorquent : "contrôlez vos fils pas vos filles". "Notre pays est empreint d'une profonde culture patriarcale. Dès leur tendre enfance, les hommes pensent qu'ils sont les rois à la maison. Au lieu de nous dénigrer, les autorités devraient lancer de véritables campagnes de sensibilisation. Dans les écoles, il faut réformer les programmes scolaires pour changer les mentalités" dénonce cette autre jeune révolutionnaire égyptienne. Et d'ajouter que le gouvernement islamiste a bel et bien un problème clairement identifié: la femme.

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Tout comme en Inde, ces citoyennes dénoncent la complicité de la société égyptienne et le laxisme des autorités. "Il est essentiel de mener des enquêtes impartiales et approfondies pour déterminer si ces attaques de foules violentes sont coordonnées par des acteurs étatiques ou par des acteurs non étatiques organisés, et pour que leurs auteurs puissent être traduits en justice". soutient Hassiba Hadj Sahraoui, Directrice Adjointe du Programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d'Amnesty International.

La réponse du ministère de l'intérieur de créer une police exclusivement dédiée, les "Tahrir Body guards" composée d'hommes et de femmes n'est pas complètement satisfaisante pour les manifestantes. L'une d'entre elle s'agace :"Une police de femmes ou d'hommes, ce n'est pas le problème! Le problème, c'est que les forces de l'ordre ne font pas leur travail. Quand une femme se fait agresser, les policiers ferment les yeux. Pire: lorsqu'une victime a le courage de faire une déposition au commissariat, elle est souvent l'objet de railleries, voire de propositions mal placées."

Ces femmes tenaces et de plus en plus organisées font déjà figure d'exemple. En signe de soutien, d'autres femmes courageuses se sont rassemblées au même moment devant les ambassades d'Égypte au Liban, en Jordanie, en Thaïlande, en Mauritanie, au Canada, en Australie, répondant à l'appel du The Uprising of Women in the Arab World.

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