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Les enfants Afghans, victimes de la culture de l'opium

Quelques 1,6 million d'Afghans, sur une population d'environ 30 millions, sont drogués à l’opium, dont près de 300 000 enfants, selon une estimation américaine. Ainsi, dans le centre de traitement Wadan situé à Jalalabad dans l’est du pays, une marmaille gesticulante reprend goût à la vie, après des années d'addiction.

« Quand je les vois pour la première fois, ces enfants sont déprimés, malheureux. Ils ne jouent pas, ne se préoccupent pas de leur hygiène. Ils sont comme des fantômes », observe Massouma Khatima, une aide soignante. Après 45 jours passés au centre de l'ONG Wadan, qui accueille 25 bambins et 35 femmes, souvent leurs mères, ils sont comme transfigurés. Normaux. Un traitement médicamenteux léger, pour les moins atteints, parfois une hydrothérapie (douches froides en cas de manque) pour les cas les plus lourds, ont fait effet.

En Afghanistan, qui produit plus de 90% de l'opium mondial, les parents sont directement responsables de la toxicomanie de leurs enfants. Dans la plus grande partie du pays, ceux-ci deviennent en effet accros en tant que « fumeurs passifs » de l'opium consommé à la maison, explique Zarbadshah Jabarkhail, médecin travaillant pour le Bureau des Nations unies contre les drogues et la criminalité (UNODC).

Dans certaines provinces, des mères donnent sciemment de la drogue à leurs petits pour qu'ils se tiennent tranquilles, ce qui leur permet de récolter de l'opium ou tisser des tapis sans être importunées par leur progéniture, raconte le Dr Jabarkhail. Il ajoute : « Les familles pauvres ont beaucoup d'enfants mais ne peuvent pas s'occuper d'eux si elles ne gagnent pas d'argent. Mais elles ne comprennent pas qu'en leur donnant de la drogue, elles les tuent ».

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