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Les femmes moins bonnes en maths ?

Nalini Anantharaman et Sylvia Serfaty ont été récompensées par le prestigieux prix Henri Poincaré cette année. Aline Bonami, présidente de la Société mathématique de France (SMF) n'est pour autant pas optimiste quant à l'avenir des femmes en mathématiques, en particulier en maths pures ou fondamentales.

« La situation est en train de s'aggraver, alors que dans toutes les autres disciplines la tendance est à avoir davantage de femmes, même si l'évolution est plus ou moins lente », confirme Laurence Broze, présidente de l'association Femmes et Mathématiques, qui célèbre cette année un quart de siècle d'existence. Directrice de l'UFR de Mathématiques à l'Université de Lille 3, Mme Broze dégaine des chiffres: « Il y a aujourd'hui une trentaine de femmes professeurs de mathématiques pures contre quelque 500 hommes ». « Toutes disciplines et grades confondus, on a à l'université 40% de femmes pour 60% d'hommes. En mathématiques, c'est 20% de femmes pour 80% d'hommes », ajoute-t-elle.

Les raisons de cette inéquation relèvent tout d’abord du poids des stéréotypes. « Une femme mathématicienne c'est soit un extra-terrestre, soit un garçon manqué. Les parents, puis les enseignants, ont un rôle essentiel à jouer pour surmonter cet obstacle », selon Nalini Anantharaman.

Mais il y a surtout la règle de la mobilité puisque chaque promotion nécessite un changement de lieu. « En mathématiques, la période dont on dit qu'elle est la plus féconde, c'est entre 20 et 35 ans », explique Laurence Broze. On devient professeur plus tôt que dans d'autres disciplines, à un moment où arrivent les enfants. «Il y a des petits décrochements de carrière qu'on paie et qui ne se rattrapent pas forcément», ajoute Sylvia Serfaty.

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