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Les frasques de l'évêque de luxe coûtent cher à l'Eglise allemande

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Depuis une semaine, Mgr Franz-Peter Tebartz-van Elst est dans l’œil du cyclone des médias allemands. Le pays et ses fidèles n'ont pas aimé les frasques financières de ce représentant de l’Église qui s'est fait construire une résidence épiscopale pharaonique. Résultat : les fidèles s'en vont. Une hémorragie qui inquiète l’Église qui souffre déjà d'une forte crise de confiance depuis le scandale des pédophiles.

Mgr Franz-Peter Tebartz-van Elst évêque de Limburg n'est pas ce qu'on peut appeler un modèle de simplicité et d'humilité dans la ligne prônée par le néo souverain poncif argentin François. Rappelons que ce dernier avait déclaré en septembre dernier "On ne fait pas la connaissance de Jésus en voyageant en première classe!".

On y est très loin. Mgr Franz-Peter Tebartz-van Elst serait plutôt un anti-pape, ou encore comme la presse s'amuse à l'appeler un "évêque de luxe", un "évêque bling-bling" ou encore un "très cher serviteur de Dieu". La construction de sa nouvelle maison diocésaine à Limburg en témoigne. Elle aurait coûté au moins 31 millions au lieu de 5,5 millions. Et c'est bien l'appétit de cet évêque qui aurait fait exploser la note (la baignoire est quand même signée Philippe Starck).

En Allemagne chaque contribuable doit déclarer s'il est catholique, protestant ou sans religion. Les croyants doivent payer 8 à 10% d'impôts en plus pour financer les différents cultes. Au prix d'une démarche administrative ces mêmes contribuables peuvent se désinscrire des registres des catholiques.

Et depuis l'affaire de "l'évêque de luxe", c'est ce qui se passe : les catholiques quittent le navire. À Limburg, 29 personnes se sont déjà désinscrites seulement lundi, 18 vendredi etc alors que la moyenne était de moins d'une personne par jour jusque là. "Je n'ai jamais vu une telle vague" de départ", admet le responsable des inscriptions et désinscriptions religieuses au tribunal administratif de Limburg.

"Beaucoup de gens disent qu'ils ne veulent pas continuer à soutenir (financièrement) l'Eglise si c'est pour assouvir l'appétit de luxe d'un évêque" explique Detlef Pollack, sociologue pour le groupe de recherche en religion et politique de l'Université de Münster.

Le phénomène n'est pas à prendre à la légère puisque les quelques 23 millions de catholiques déclarés ont rapporté 5,2 milliards d'euros à l’Église en 2012 avec l'impôt religieux, ce qui permet non seulement de couvrir les dépenses du clergé mais aussi de financer des organismes d'aide sociale comme des hôpitaux. Chaque brebis galeuse coûte donc particulièrement cher à l’Église allemande qui est exposée directement à la sanction financière.

Quant au sort de Mgr Franz-Peter Tebartz-van Elst, il est encore réservé. Il était attendu par le Pape jeudi matin pour en savoir plus, sachant que l’Église n'est ni une entreprise ni un gouvernement, et que l'on n'y est pas facilement exclu. Démission, recadrage ou résidence surveillée dans une prison dorée ?

LES PHOTOS DU DIOCESE DE LIMBURG ET DE L'EVEQUE DE LUXE

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