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Les instituts de sondage abusent des CDD

Quelque 40 000 personnes travaillent dans ce secteur d'activité, dont la moitié dans les cinq plus importantes structures de la profession. En moyenne, 20 % seulement des effectifs des instituts de sondage sont employés en contrat à durée indéterminée (CDI), les 80 % restants relèvent de CDD dits d'usage qui ont été mis en place le 7 décembre 1991 dans une annexe à la convention collective Syntec.

A l'époque, le travail d'étude et d'enquête avait été considéré comme une activité « aléatoire, imprévisible et discontinue », qui ouvrait droit à ces CDD particuliers. Mais cette pratique est devenue la norme et le CDI s'est transformé en exception. Comme la plupart des autres contrats courts, elle s'accompagne d'une moins bonne couverture en cas de chômage ou de maladie.

« Certains instituts, dont l'IFOP ne fait pas partie, vont plus loin », affirme Franck Picaud de la fédération FO des employés et cadres (FEC). Ils prennent des libertés avec le code du travail ou en contournent l'esprit. « Plutôt que de multiplier les CDD d'usage, une société ayant pignon sur rue a recours aux CDI intermittents et fait ainsi financer par Pôle emploi ses creux d'activité. La même entreprise a étendu les CDD d'usage à des salariés qui, pendant des années, ont relevé du CDI classique », assure-t-il.

Ces pratiques s'accompagnent de systèmes de rémunérations particuliers puisque les salariés sont payés à l'étude et leur durée de travail semble comptabilisée de manière fantaisiste. Excédée par ces excès et constatant que les études sont une activité pérenne, la FEC envisage de dénoncer l'annexe à la convention collective sur les CDD d'usage.

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