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L'homme qui a abattu Ben Laden sans couverture sociale

L’homme qui a abattu Oussama Ben Laden en mai 2011 se retrouve livré à lui-même après avoir quitté l’armée, sans retraite ni protection sociale.

Il est le héros qui a débarrassé les Etats-Unis de son ennemi numéro 1. Un héros célébré par toute une nation et que malgré tout Washington semble avoir abandonné. Cet ex membre de la Team 6 des Navy Seals, le commando qui en mai 2011 a supprimé à Abbottabad, au Pakistan, le leader d’Al Quaida, se retrouve aujourd’hui abandonné, comme il le révèle dans une interview qui paraitra en mars dans le magazine américain Esquire.

A 19 ans, à la suite d’une peine de cœur, il rejoint la Marine et y restera 16 ans. A maintenant 35 ans, l’homme, décrit comme « le tireur », indique que n’ayant pas accompli 20 ans dans l’armée, il n’a ni retraite, ni assurance maladie. Il quitte l’armée en 2012 après avoir participé à plusieurs théâtres de guerre et tué près de trente « ennemis combattant ». Aujourd’hui, séparé de sa femme mais partageant toujours le même domicile, il travaille en tant que consultant rémunéré à la pige.

Dans l’entretien qui paraîtra dans Esquire, il aborde principalement la célèbre mission de mai 2011, qui débuta, pour lui, le 1er avril. Il raconte que « Lors du briefing le premier jour, ils nous ont en fait menti et ont été très vagues. Ils ont mentionné des câbles sous-marins et le tremblement de terre au Japon ou quelque chose du genre ». Le véritable objectif de la mission ne sera appris que quelques jours plus tard. Avant de décoller pour l’Afghanistan, le commando s’entraine aux Etats-Unis dans des répliques de la résidence cible.

Dans la nuit du 1er mai, au Pakistan, dans une maison d’Abbottabad, l’assaut débute et tout se déroule très vite. Equipé de lunettes de vision nocturne, il est le premier à s’engager dans la chambre plongée dans le noir. « Il y avait Ben Laden là, debout. Il avait ses mains sur les épaules d'une femme, la poussant devant, pas exactement vers moi mais dans la direction du vacarme du couloir. C'était sa plus jeune femme, Amal ». Le soldat tire alors trois balles, la dernière dans la tête de Ben Laden, « C’était comme un instantané d’une cible d’entrainement. C’est lui, sans aucun doute. (…) C’est automatique, la mémoire musculaire. C’est lui, boum, c’est fait ».

« Il était mort. Il ne bougeait pas. Sa langue pendait. Je l'ai vu prendre ses dernières inspirations, juste une respiration réflexe », poursuit le Navy Seal, il explique que la capture du leader d’Al Quaida n’avait jamais été envisagée. « Tout le monde le voulait mort mais personne ne voulait dire: ‘Hey, vous allez tuer ce mec'. C'était juste implicite ».

Il confirme aussi que, comme l’avait écrit un autre membre du commando dans son livre « No Easy Day », d’autres ont par la suite tiré sur le corps sans vie de Ben Laden. Un instant après avoir pressé sur la détente, le tireur se remémore pour sa part s’être demandé : « Est-ce la meilleure chose que j'ai accomplie, ou la pire? »

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