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Liban : l’accord de Doha ouvre la voie à une sortie de crise

A l'aube du sixième jour de négociations houleuses à Doha, capitale du Qatar, la majorité et l'opposition politiques libanaises sont parvenues, mercredi 21 mai, à un accord d'étape pour tenter de régler une crise politique de près de dix-neuf mois. L'élection par le Parlement libanais du nouveau président, le général Michel Sleimane, aura lieu dimanche, selon un conseiller du Premier ministre Fouad Siniora.

C’est un espoir immense pour les Libanais. Sous l'égide du Qatar, où se déroulaient les pourparlers, un accord de sortie de la crise politique qui mine le pays depuis plusieurs mois a été conclu entre la majorité et l'opposition.
’Les parties sont convenues que le président du Parlement convoquera une session de la Chambre dans les 24 heures pour élire le candidat du consensus, Michel Sleimane, à la présidence" de la République, a déclaré le chef du gouvernement qatari. Un conseiller du Premier ministre Fouad Siniora estime pour sa part qu'elle aura lieu dimanche. Outre cette élection, le pays n'a plus de président depuis novembre, le texte comprend aussi une clause interdisant tout recours aux armes à des fins politiques, un sujet de discorde entre la majorité libanaise, soutenue par les pays occidentaux et l'Arabie saoudite, et l'opposition, appuyée par l'Iran et la Syrie.

Fin du sit-in à Beyrouth

La crise politique libanaise avait dégénéré le 7 mai en affrontements violents entre factions rivales qui avaient fait 65 morts en une semaine. Lors des combats, le parti chiite du Hezbollah, fer de lance de l'opposition, était parvenu à prendre le contrôle du secteur ouest de Beyrouth, fief des sunnites. Après le discours du Premier ministre qatari, le président du Parlement libanais, Nabih Berri, a annoncé que le sit-in observé depuis fin 2006 dans le centre-ville de Beyrouth par l'opposition, dont il est l'un des principaux dirigeants, serait levé le jour même.

L’opposition avait dressé fin 2006, en signe de protestation contre le gouvernement, des tentes tout au long des routes menant au siège du cabinet, provoquant la fermeture de près de 200 commerces ainsi que la suppression de milliers d'emplois. En visite à Manama, le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Al-Mouallem, a salué cet accord.

De son côté, Le président Nicolas Sarkozy a déclaré que l'accord sur une sortie de crise au Liban, était "un grand succès pour le Liban", et qu'il devait être "mis en oeuvre dans son intégralité". Le chef de la diplomatie Bernard Kouchner estime pour sa part que cet accord constitue "une étape essentielle dans la restauration complète de l'unité, de la stabilité et de l'indépendance du Liban".

Reportée à 19 reprises

Les deux parties sont d'accord pour élire le chef de l'armée, le général Michel Sleimane, à la présidence de la République, poste resté vacant depuis le départ en novembre 2007 du pro-syrien Emile Lahoud à la fin de son mandat. La séance du Parlement chargée de l'élection du président a été reportée à 19 reprises depuis septembre 2007, exacerbant davantage la crise, qui a éclaté fin 2006 avec la démission des six ministres prosyriens du gouvernement de Fouad Siniora. Le Parlement avait été en principe convoqué le 10 juin pour la 20e fois.

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