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L’innovation scientifique des médicaments anti-amour

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L'amour ? «Un phénomène ancré dans le système chimique du cerveau qui a évolué en fonction des besoins reproductifs de nos ancêtres». Pour le romantisme, on repassera. Mais Brian D. Earp s'y connait en sentiments. Ce spécialiste de l'éthique scientifique a écrit sur les «biotechnologies anti-amour» comme traitement contre les peines de cœur et raconte au New Scientist que, bien que ce domaine de la science soit «très nouveau, il existe plusieurs possibilités de médicaments anti-amour, certaines jouant sur les effets secondaires de médicaments déjà existant».

Comme l'explique le magazine scientifique britannique, «de récentes découvertes sur les racines chimiques de l'amour font que l'on se rapproche de moyens de soigner ses maux». Une équipe de chercheurs italiens de l'Université de Pise tente par exemple de remédier au fait que l'on se focalise sur les mauvais côtés de notre partenaire. Elle se base pour cela sur les médicaments utilisés contre les troubles obsessionnels compulsifs. Dans les deux cas, les chercheurs se sont rendu compte que les patients avaient un taux anormalement bas de sérotonine, une hormone qui joue sur l'humeur. Après un an de traitement pour remonter ce taux, les amoureux ne se focalisaient plus sur les défauts de leur partenaire.

Pour ses recherches, Larry Young, de l'Université Emori, à Atlanta, a injecté à des campagnols femelles des médicaments bloquant soit la dopamine, soit l'ocytocine, un neurotransmetteur et une hormone qui jouent sur le comportement et régissent notamment la prise de risque, l'empathie et l'attachement. Il s'est rapidement rendu compte que ses cobayes étaient alors devenus polygames, le campagnol étant pourtant une espèce monogame. «Cela veut dire qu'il est possible de bloquer l'ocytocine et donc l'attachement à long terme», suggère le scientifique. Selon lui, cela pourrait se révéler utile pour sortir d'une dépression lié à la perte d'un être cher. Mais faut-il mettre de telles solutions à portée de tous ? «Je pense qu'il y aurait un réel marché, mais je ne le recommande certainement pas».

Le danger principal de ce genre de médecine, selon Brian D. Earp, est que «les gens auront trop tendance à se tourner vers les médicaments pour régler leurs problèmes, les empêchant de réfléchir aux vraies causes de leur souffrance. Si je sors d'une mauvaise relation amoureuse, je dois peut-être d'abord réfléchir à ce qui s'est passé et non prendre une pilule pour passer à une nouvelle relation».

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