Excite

L'ONU fait le maximum pour prévenir un génocide en Centrafrique

Face à l’effondrement de l'ordre public en Centrafrique, les observateurs se montrent réservés face au risque grandissant de génocide anti musulman et/ou anti chrétien dans ce pays. Ainsi le président de la commission d'enquête de l’ONU, le Camerounais Bernard Acho Muna se montre pessimiste et déclare avant son départ pour Bangui : « Mon expérience du Rwanda me l'a montré. Un génocide commence toujours avec de la propagande incitant à la haine ».

L’ex-procureur adjoint du tribunal international sur le Rwanda poursuit sur une note plus confiante : « Nous espérons que notre présence et le fait que nous enquêtions soient un signal pour que les gens orchestrant la propagande ne passent pas à l'action. Nous devons démontrer que la communauté internationale est prête à poursuivre les responsables d'une propagande incitant à la haine, à la violence et à la discrimination. Il faut mettre fin à l'impunité et être sûrs que ceux qui ont passé la ligne rouge doivent rendre des comptes ».

Barnard Acho Muna ajoute que la situation en République centrafricaine n'est pas caractérisée par l'affrontement de deux armées, comme ce fut le cas par exemple lors des troubles en Côte d'Ivoire : « Cette situation est unique, elle est caractérisée par l'effondrement de l'ordre public, le vide du pouvoir, l'absence d'autorités de police et judiciaires».

La commission d'enquête, également composée de Fatima M'Baye, présidente de la commission mauritanienne pour les droits de la femme et vice-présidente de la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH) et de l'universitaire mexicain Jorge Castaneda, doit rester trois jours à Bangui. Puis, elle se rendra dans le reste du pays « partout où c'est nécessaire pour établir les faits ».

La commission mandatée par l’ONU doit rencontrer les autorités gouvernementales, les autorités locales, les chefs villageois, les représentants d'ONG, les commandants des troupes françaises et de la Mission de l'ONU et de l'Union africaine, et se rendre dans les camps de déplacés et de réfugiés. Sa première mission sur place doit durer deux semaines. Elle remettra un premier rapport au Conseil de sécurité de l'ONU en juin.

France - Excite Network Copyright ©1995 - 2017