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Massacre à Téhéran

La répression des opposants à l'élection d'Ahmadinejad se durcit en Iran. Alors que cette réélection est remise en cause par la quasi-totalité du monde occidental et que les médias étrangers peinent à obtenir des informations concrètes, des témoins font état de scènes d'une violence extrême.
(Mort de Neda: icône contestataire)

Des "scènes de guerre"

Le quotidien britannique The Guardian fait même état de véritables "scènes de guerre" avec des manifestants battus et laissés pour mort et un quadrillage systématique de la ville par les forces du pouvoir en place pour éviter tout rassemblement.

Dans le même temps, le grand ayatollah Hossein Ali Montazeri appelle à la poursuite du mouvement de protestation. Cette répression systématique des manifestants pourrait même mener selon lui, le régime d'Ahmadinejad à sa perte. Il a déclaré que "Si le peuple iranien ne peut pas revendiquer ses droits légitimes dans des manifestations pacifiques et est réprimé, la montée de la frustration pourrait éventuellement détruire les fondations de n'importe quel gouvernement, aussi fort soit-il".

L'opposition muselée

Mais devant les menaces et les affrontements d'une rare violence, les rassemblements se font plus rares. Le candidat de l'opposition Medhi Karoubi, qui devait organiser aujourd'hui même une marche en souvenir des manifestants tués a suspendu le rassemblement. Il n'aurait en effet pas trouvé de lieu propice au bon déroulement de la cérémonie. Celle-ci pourrait toutefois éventuellement avoir lieu la semaine prochaine à l'Université de Téhéran ou au cimetière de la ville.

Les médias officiels iraniens quant à eux font état de 17 morts depuis les élections du 12 juin dernier qui ont vu la réélection du Président ultraconservateur Mahmud Ahmadinejad. Toujours selon la presse iranienne, plus aucun rassemblement de contestation n'aurait eu lieu depuis lundi après que l'ayatollah Ali Khamenei, chef suprême de l'Iran ait fortement menacé la population en cas de poursuite des protestations.

D'autre part, selon le Foreign Office, des résidents en possession de passeports britanniques auraient été arrêtés comme cela a été confirmé à la télévision d'Etat iranienne. De même, Zahra Rahnavard, l'épouse du candidat d'opposition Mir Hossein Mousavi aurait pu être à son tour arrêtée après ses appels à la libération de tous les manifestants et politiciens emprisonnés suite aux émeutes.

Photo : courrierinternational.com

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