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Merkel et Sarkozy parlent d’une même voix sur le climat

La chancelière allemande et Nicolas Sarkozy ont rapproché leurs positions sur le climat et l'énergie lundi en Bavière, à l'occasion du 9e Conseil des ministres franco-allemand.

Réunis en Bavière, lundi, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont passé en revue un détachement de la brigade franco-allemande, mise sur pied il y a vingt ans. Le geste est significatif, à trois semaines du début de la présidence française de l'Union européenne, dont le succès reposera en bonne partie sur la solidité du ‘couple’ Paris-Berlin.

Dans ses propos, Angela Merkel n'a pas ménagé son appui au président de la République qu'elle a accueilli à Straubing, petite ville baroque de la plaine du Danube. Pour l'occasion, le chef de l'État était accompagné par cinq ministres (Environnement, Affaires étrangères, Affaires européennes, Défense, Commerce) qui ont eu des discussions avec leurs homologues allemands. ‘Nous allons soutenir la France durant sa présidence’, a déclaré la chancelière, tandis que le président rendait hommage au rôle d'Angela Merkel en Europe : ‘Lorsque l'Europe a été bloquée, c'est l'Allemagne et Mme Merkel qui ont débloqué la situation.’

Dans une déclaration commune, la France et l'Allemagne souhaitent la conclusion dès 2008 d'un accord politique au Conseil et au Parlement européen sur le "paquet climatique" présenté en janvier par la Commission européenne. C'est à la France que reviendra la tâche d'obtenir cet accord pendant la présidence française de l'Union européenne, qui commence le 1er juillet pour six mois. Le plan d'action de la Commission propose aux 27 pays de l'UE des objectifs nationaux pour réduire globalement leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) de 20% d'ici 2020 par rapport à 1990. Parallèlement à cet objectif, qui pourrait être porté à 30% en cas d'accord au niveau mondial, il est proposé aux pays de l'UE de porter globalement à 20% d'ici 2020 la part d'énergies renouvelables dans leur consommation énergétique.

Accord surprise sur le CO2

Dans une autre déclaration commune, la France et l'Allemagne estiment que réduire les émissions de CO2 des véhicules mis sur le marché est une "étape indispensable" pour atteindre les objectifs de réduction des GES que s'est fixés l'UE. Un succès inattendu sur un dossier empoisonné, pour lequel Berlin jugeait improbable une issue la semaine dernière encore. La chancelière allemande elle-même a qualifié "d'importante percée" cet accord négocié pied à pied entre les deux capitales et qui a de grandes implications pour leurs industries automobiles.

Angela Merkel a annoncé que les deux pays soutenaient l'objectif de la Commission européenne de contraindre les constructeurs automobiles à abaisser à 120 grammes en moyenne par kilomètre le CO2 émis par les voitures d'ici 2012. Les deux pays ont même émis le désir que la Commission aille plus loin jusqu'à "un intervalle de 95 à 110 grammes de CO2 par kilomètre" d'ici 2020. La chancelière allemande a insisté pour que cet objectif s'applique aux nouveaux modèles de voitures mais seulement progressivement pour le parc automobile existant. Elle a cependant reconnu que les détails de l'accord devront être encore affinés.

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