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Mort de Philippe Séguin

De l’avis de tous, c’était un dinosaure politique. Dans le bon sens du terme, un de ceux qui prenait partie et n’avait surtout pas sa langue dans sa poche. Chiraquien dès 1995, Philippe Séguin a cumulé les fonctions d’État avant de décéder la nuit dernière d’une crise cardiaque.

Cet homme politique français a eu une carrière hors-normes: premier président de la Cour des comptes, ancien ministre, ancien président de l’Assemblée nationale et ancien président du RPR (actuel UMP). Né à Tunis en 1943, Philippe Séguin poursuit ses études à Nîmes avant d’intégrer l’école normale d’instituteurs du Var.

Il aime les lettres et l’histoire et sera licencié dans ses deux matières de prédilection. Séguin obtiendra son diplôme de sciences politiques à Aix-en-Provence et fera l’Ena, promotion Robespierre. Il entrera dans la foulée à la Cour des comptes. Il occupera des postes au sein de cabinets ministériels, à l’époque: Georges Pompidou et Valéry Giscard d’Estaing.

Député, ministre, président

Philippe Séguin est élu député des Vosges en 1978, il conservera son électorat jusqu’en 2002. 1981, fut une année charnière, il est le seul de son camp, à soutenir l’abolition de la peine de mort à l’Assemblée nationale sous la présidence de François Mitterrand. Première cohabitation fin 1980, il est nommé ministre des Affaires sociales et de l’Emploi.

Une dizaine d’années plus tard, il s’affirmait pour le non au traité de Maastricht. Il pensait à l’époque que c’était une menace pour l’indépendance de la France. 1993, Philippe Séguin est devenu président de l’Assemblée nationale. En 1995, il se rallie à Jacques Chirac, dont il restera un proche. Il annoncera sa retraite politique après la victoire de Chirac en 2002.

À 66 ans, l’homme politique s’est éteint à son domicile parisien du 15e arrondissement. Pour Nicolas Sarkozy, il était 'passionné surtout par la France, sa République et son État, il a consacré toute sa vie, toute l'étendue de ses talents et la force exceptionnelle de ses convictions à la chose publique'. Charles Pasqua a déclaré: 'Il était profondément pénétré par l'idée de la nation, de la République, c'était un grand républicain, un grand gaulliste'.

Lionel Jospin sur France Inter, 'C'était un serviteur de l'État qui présidait aux destinées de la Cour des comptes'. Ségolène Royal: Philippe Séguin 'était un homme de convictions qui savait garder une véritable liberté d'esprit. Il avait ainsi gagné l'estime et le respect au-delà de sa famille politique'.

Photo: Youtube (capture écran)

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