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Pérol, la déontologie et les mensonges de Sarkozy?

Il est difficile aujourd’hui d’apprécier les communiqués émanant du chef de l’État ou de son gouvernement sans se méfier de ce qui est dit. Mardi soir, Nicolas Sarkozy affirmait la nomination d’un de ses proches. Ce matin-même, la commission en charge de ladite nomination n’était pas au courant!

La méthode ne plaît ni à la Caisse d’Épargne ni à la Banque Populaire. L’objet de la polémique concerne la nomination de François Pérol, proche du Président et actuel secrétaire général adjoint de l’Elysée, à la tête de la fusion des deux banques. Une polémique qui enfle depuis la nuit dernière.

Nicolas Sarkozy a annoncé sans détour, mardi soir, que la commission qui se charge d’examiner la nomination de François Pérol était tout à fait d’accord, que cela "ne posait pas de problème". Énorme surprise, ce mercredi matin, dans les colonnes de Libération, un membre de la commission dément l’information.

Il affirme que la commission n'a pas été saisie du cas de François Pérol. "On n'a jamais évoqué le cas du secrétaire général adjoint de l’Elysée, puisque notre prochaine réunion est prévue le 11 mars". Tôlé général. Claude Guéant, secrétaire général de l’Elysée a déclaré sur LCI, tôt ce matin que "Le président de la commission de déontologie nous dit (...) qu'il n'y a pas lieu pour la commission de se réunir, donc on ne voit pas pourquoi elle se réunirait".

Sauvetage en série

L'Elysée a précisé avoir reçu une lettre du président de la commission, Olivier Fouquet, assurant que la nomination de François Pérol n'avait "pas d'inconvénient pénal". Cette lettre sera rendue publique pour faire taire tout ce battage médiatique. Mais la grogne ne se dissipe pas pour autant.

Martine Aubry, première secrétaire du PS souligne la "précipitation" de la démarche qui cacherait "d’immenses difficultés financières", non réglées à ce jour. Nicolas Sarkozy présent au sommet franco-italien assure que le projet n’a pas été "décidé par le gouvernement (...) mais par les deux banques à la suite des problèmes qu'elles connaissent".

Un géant bancaire

L’État français détiendrait à terme 20% du capital de ce nouveau groupe. Il faut donc, à sa tête, un homme d’envergure, qui sait manager. Le choix se serait donc porté sur celui qui a opéré de nombreuses années comme banquier d’affaires chez Rothschild & Cie, avant de devenir secrétaire général adjoint de l’Elysée.

Affaire à suivre

Toujours selon Claude Guéant, la nomination de François Pérol devrait rapidement être effective. Il est "prévu" que l'actuel directeur du Trésor Xavier Musca le remplace.

Photo: bernard-moos.net, (dessin: Placide)

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