Excite

Pétrole contre nourriture : clémence requise pour Pasqua, pas pour Total

  • Getty Images

Procès Pétrole contre nourriture

L'heure est à la clémence dans le procès du détournement du programme "Pétrole contre nourriture". Le jour des réquisitoires a eu lieu ce mardi 12 février. Charles Pasqua et le PDG de Total Christophe de Margerie -grand absent de la journée- font figure de tête d'affiche dans le volet français de cette affaire qui compte dix-huit prévenus. Une armée d'avocats, de gros clients et des accusations allant de corruption, trafic d'influence, à abus de bien sociaux. Ou quand l'Irak de Saddam Hussein avait politisé son système d'allocation de pétrole.

L'affaire se résume ainsi : après la deuxième guerre du golf qui opposait l'Irak au Koweït, un embargo international frappe l'Irak plongeant tout un peuple dans une grande pénurie alimentaire et sanitaire. Cette sanction économique aurait fait plus d'1,5 millions de victimes dans la population irakienne privée de nourriture et de médicaments. Selon Hans-Christof von Sponeck, général adjoint de l'ONU et coordinateur humanitaire en Irak, l'embargo imposé au peuple irakien aurait causé la mort de 150 enfants par jour. Le programme Pétrole contre nourriture a été lancé pour répondre à cette urgence humanitaire, une mesure qui devait être temporaire à l'origine. En réalité celle-ci s'est poursuivi de 1996 à 2003, brassant des sommes d'argent colossales. On parle d'environ 47 milliards d'euros.

Le programme humanitaire a rapidement été gangrené par un trafic d'influences d'une ampleur internationale et d'un important réseau de corruption. Les dirigeant irakiens ont profité du programme pour distribuer des millions de barils à des personnalités "amies" ou en encaissant des commissions illégales sur les ventes de brut. En 2004, un journal de Bagdad publie une liste noire dans laquelle figure pas moins de 270 personnalités, dont 21 français. Cette publication sera le point de départ de ce qu'on appellera "L'affaire Pétrole contre nourriture".

A l'heure des comptes et après des années de procès, le procureur en appelle à la réserve et à la précaution, "conformément au réquisitoire initial du parquet". Il requiert la relaxe pour l'ancien ministre de l'intérieur Charles Pasqua, faute de preuve. En revanche, une amende d'1 million d'euros est requise contre le géant pétrolier français Total qui aurait utilisé l'intermédiaire libanais Elias Firzli afin d'accéder à des allocations supplémentaires de pétrole à l'intérieur du programme. Le parquet épargne ainsi l'ancien ministre de l'intérieur. Pas Total.

Total aurait en toute évidence acheté du pétrole irakien en passant par de petites sociétés afin d'éviter de payer de contestables rétrocommissions à la SOMO (institut irakien chargé du commerce du pétrole). Mais les responsabilités de chacun des dirigeants ne sont pas simples à dénouer. Celles de Christophe de Margerie, alors directeur Moyen Orient, est complexe à définir. Le procureur réclame des amendes allant de 10 000 à 20 000 euros pour les cadres de la DST et de 750 000 euros à 1 million d’euros d’amende pour Total. Si les fautes individuelles sont difficiles à prouver, le procureur veut au moins retenir la "faute de groupe".

France - Excite Network Copyright ©1995 - 2017