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Procès du clan des petites voleuses du métro : le patriarche Hamidovic nie tout

C'est le procès des pickpockets, de ce que les médias ont coutume d'appeler le "gang" ou encore le "clan des petites voleuses" qui s'est ouvert hier à Paris, devant la 11e chambre du tribunal correctionnel.

Le modus operandi était toujours le même : des dizaines de petites voleuses, mineures pour la plupart étaient lâchées dans les entrailles de la capitale, le métro parisien, afin d'y dérober le maximum de personnes.

Les cibles étaient de préférence les personnes âgées et les touristes asiatiques. Les secteurs choisis : des lieux touristiques. Les filles entraînées à l'art du vol à la tire (dans le métro de Rome par exemple) devaient arpenter les rames et couloirs du métro pour ramener 200 à 300 euros par jour de recette contre une rémunération de 10 euros.

Car derrière ces petites voleuses à la tritse destinée il y avait tout un réseau d'exploitation et l'ombre d'une famille, la famille Hamidovic, des tziganes d'origine bosniaque, débusquée après trois ans d'enquête.

Fehim Hamidovic, sa femme, leurs fils et leurs épouses sont jugées pour "association de malfaiteurs, traite d'êtres humains et vols en réunion". Au total c'est 22 personnes que l'on retrouve devant le tribunal correctionnel de Paris.

Fahim Hamidovic, 60 ans, est suspecté d'être à la tête de ce réseau de criminalité organisé très hierarchisé. Un chef, une strate chargée de faire remonter les informations, et l'encadrement, la surveillance sur place des jeunes filles. Tous ou presque appartiennent à une seule et même famille. Tous ont été arrêtés à Perpignan, à Lançon-Provence, à Perpignan et en Italie et sont sont les verrous depuis décembre 2010.

Ce travail de fourmi commençait à partir de 7 heures du matin par groupe de quatre ou de cinq. En une journée les voleuses devaient atteindre leur objectif (entre 200 et 300 euros) sans quoi elles pouvaient faire l'objet de sévices, comme des brûlures de cigarettes.

L'argent était ensuite acheminé par les femmes du clan jusqu'à Perpignan, caché dans leur culotte. Parfois le clan utilisait plus banalement le service de transfert d'argent Western Union. Le fruit de cette activité était juteux puisqu'on estime que Fehim aurait atteint le 1,3 M d'euros en 2009.

Pourtant le patriarche réfute toutes les accusations. Il se dit victime d'un complot. "Je n’ai rien fait. Je suis accusé à la place d’un autre". La faute à un clan rival selon lui, en en particulier à un certain Elvis. Les petites voleuses avaient pourtant fourni aux enquêteurs des témoignages accablants avant de se rétracter comme un seul homme pour soutenir leur chef.

Car qui sont-elles, d'où viennent-elles ? La grande difficulté du procès se trouvera sans aucun doute dans la fiabilité de ces filles sans âge, sans document et sans enfance. Ce trou noir sera malheureusement l'arme principale de la défense de la famille Hamidovic.

"Pourquoi prendre pour argent comptant les déclarations de personnes dont on ne sait rien?" prévient Mme Yassine Yacouti, l'avocate de Fehim. Fin du procès : le 24 avril.

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