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Résultat des élections italiennes : ça va être compliqué !

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Les italiens étaient appelés à voter dimanche et lundi derniers après plus d'un an de gouvernement technique emmené par Mario Monti. Mais le résultat des élections promet des jours compliqués avec un Sénat sans majorité et une chambre des députés à gauche, mais pas trop. Pour faire court, une Italie ingouvernable.

Premier coup de théâtre : Sivlio Berlusconi que l'on croyait voué à une mort politique douloureuse après ses affaires de moeurs et la situation économique dramatique dans laquelle il a plongé le pays, a pourtant été capable de porter sa majorité à 29,1% des suffrages. Le parti de centre gauche (PD) et son leader Pier Luigi Bersani a remporté les élections avec 29,5%. La différence ne tient qu'à 100 000 voix environ. Berlusconi aurait pu gagner.

La coalition du leader de gauche Bersani n'obtient une majorité de sièges qu'à la chambre des députés. Pas de majorité dans les deux chambres du Parlement. Par contre, en vertu de règles électorales complexes, la droite du Cavaliere emporterait plus de siège au Sénat. Là encore aucune majorité nette n'est possible, pas même dans le cas d'une alliance entre le Partito Democratico (PD) de Bersani et le centre de Mario Monti.

Deuxième constat : les italiens n'ont pas validé et encore moins plebiscité l'action du gouvernement Monti. Sa coalition centriste s'est difficilement hissée à 10,5%, loin derrière le centre gauche, le centre droit et l'OVNI politique du MoVimento 5 Stelle. Un flop.

Troisième effet kiss cool : l'incroyable résultat du MoVimento 5 Stelle, auto-proclamé "association libre de citoyens" porté par Beppe Grillo, ex comique, agitateur de foules, en campagne avec son "Tsunami Tour", participant pour la première fois aux élections politiques. Avec 25,5% des suffrages, le mouvement de Grillo obtient plus de votes à la chambre que le parti historique du PD et devient la troisième force politique du pays. Son obsession pour le Net, son rejet de la classe politique, sa défiance envers l'Europe, et ses propositions concrètes que d'aucuns jugeraient populistes, le placent néanmoins dans une bulle à part, en dehors de toute alliance possible. A moins d'un miracle.

Nichi Vendola, leader du SEL (gauche écologique) de la coalition de gauche a déclaré : "J'ai entendu Bersani, désormais il nous revient l'honneur de prendre en charge l'Italie avec toutes ses angoisses".

Mais il est à craindre que la bonne volonté ne soit pas suffisante. Bersani le reconnaît lui-même : "Il est évident que s'ouvre une période extrêment délicate pour le pays". La solution la plus crédible à l'heure actuelle est un retour aux urnes, même si la complexité du système électoral la protégeant de ses vieux démons (règles qui remontent à l'après-guerre) pourrait conduire le pays à nouveau dans l'impasse. L'Italie n'a pas brillé. Pour ce qui est de la stabilité politique ce ne sera pas encore pour cette fois.

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