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Révoltes populaires en Bosnie-Herzégovine : le cocktail explositif du chômage, de la corruption et de la misère

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Après Kiev, c’est au tour de la Bosnie-Herzégovine de manifester son exaspération contre le chômage, la pauvreté et la corruption. Un mouvement de révolte sans précédent dans un pays encore marqué par la guerre inter-communautaire des années 90 vient de naître. Après des journées de violence provoquant 150 blessés vendredi dernier et l’incendie partiel de la présidence de la Fédération, les protestations continuent. En réponse, la coalition au pouvoir a appelé aux élections législatives anticipées.

"Ce qui s'est passé ces derniers jours est l'explosion du mécontentement et de la colère qui se sont accumulés dans la population au cours des dernières années" explique l’analyste Srecko Latal à l’AFP.

La situation est en effet brûlante en Bosnie dont les institutions sont partagés entre Serbes, Croates et Musulmans. À commencer par la diffusion de la corruption et du népotisme qui gangrènent toutes les institutions du pays.

Le chômage n'est plus soutenable : 44% de la population est sans emploi selon l’agence nationale des statistiques. Le travail au noir est monnaie courante et ferait tomber les chiffres du chômage à 27% s’il devait être pris en considération selon la Banque centrale.

La Bosnie connaît un appauvrissement croissant. Un Bosnien sur cinq vit dans la pauvreté. Le salaire mensuel moyen est de 420 euros. Parmi les manifestants, certains n’ont pas été rémunérés depuis 14 ans, d’autres n’ont reçu que 25 euros par mois depuis 15 ans. La protestation sociale était annoncée depuis longtemps comme inévitable.

La grogne est partie de la ville de Tuzla, qui fut la plus importante ville industrielle de Bosnie gagnée progressivement la privatisation de ses usines et des licenciements en masse.

La protestation a ensuite enflammé Sarajevo la capitale, Bihac, Zenica et Mostar. Malgré les démissions de quatre des dix gouvernements régionaux pour tenter d’atténuer cette colère populaire, les manifestations réclament aujourd’hui la création d’un cabinet de technocrates capable de sortir le pays de l’impasse.

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