Scientologie: suicide d'une étudiante norvégienne

Elle s'est jetée le mois dernier du 4e étage après s'être soumise à un test de personnalité dans les locaux de l'Eglise de scientologie.

Sur la table de sa chambre, elle a laissé un mot pour ses parents, à côté des résultats catastrophiques d'un test de personnalité. Et puis, elle a sauté, rue Assalit à Nice. C'était le 28 mars. Une information judiciaire pour rechercher des causes de sa mort a été ouverte par le procureur Eric de Montgolfier. Y a-t-il un lien entre l'acte désespéré de cette jeune fille et les activités de l'Eglise de scientologie? C'est la question que la justice se pose.

Epinglée à deux reprises par la mission d'enquête parlementaire "sur les dérives sectaires", la scientologie se retrouve donc une nouvelle fois au centre d'une polémique, qui ne cesse d'enfler. Hier après-midi, deux bénévoles de l'église ont été convoqués par les enquêteurs à la demande d'un juge d'instruction.

Le bref passage de Kaja, le 28 mars au matin, dans les locaux de la scientologie pourrait être le déclencheur de son présumé suicide. C'est en tout ce qu'affirme son père Olav, député socialiste au Parlement norvégien: "le test présentait notre fille comme une malade, une accro aux antidépresseurs qui depuis dix ans aurait fait d'incessants allers-retours en psychiatrie". Il n'en dira cependant pas plus, sa fille ayant bel et bien souffert d'anorexie, mais ses troubles remontaient à 2001.

Mais dans les locaux niçois de l'Eglise de scientologie, on dénonce avec la plus grande fermeté, les propos du père : "Comment nous accuser quand, en tout et pour tout, Kaja a passé une petite heure avec nous. En revanche, ce qu'elle nous a confessé n'était effectivement pas très gai: elle nous a dit être sous traitement lourd depuis dix ans et ne plus le supporter. Elle nous a dit souffrir toujours d'anorexie. Elle nous a raconté sa douleur. Mais tout cela n'est pas de notre responsabilité".

La justice devra trancher. Souvent accusée, rarement inquiétée, la scientologie se pose en victime d'une nouvelle cabale. Cependant, elle fut déjà condamnée en France, à Lyon en 1996 pour "homicide involontaire" dans une affaire qui ressemble étrangement à celle de Kaja.

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