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Sécurité USA : l'auteur des fuites considère n'avoir "rien fait de mal"

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L'administration Obama veut la peau de celui qui se dit être à l'origine des fuites sur le programme américain de surveillance des communications. Edward Snowden, 29 ans, ancien employé de la CIA, passé au service d'un sous-traitant de l'Agence de sécurité nationale (NSA) s'est présenté à visage découvert depuis Hong Kong. Il ne regrette rien.

Edward Snowden ne sait pas de quoi sera fait son avenir. Alors que les Etats-Unis réclament son extradition, il confie au Gardian envisager de demander l'asile à l'Islande bien connue pour soutenir "ceux qui défendent la liberté sur internet".

Le gouvernement américain n'a pas encore mis la main sur Julian Assange, réfugié depuis juin 2012 à l'ambassade d'Equateur à Londres. Par contre le soldat Bradley Manning passe ce lundi devant la cours martiale pour avoir donné à WikiLeaks des dizaines de milliers de documents confidentiels. Il encourt la réclusion à perpétuité.

La fuite d'informations secrètes est l'un des grands chevaux de bataille de l'administration Obama. "J’espère que nous serons à même de retrouver qui a fait cela, parce que cela cause de grands dommages à la sécurité de notre pays" avait prévenu James Clapper, directeur du renseignement américain. Celui-ci avait dénoncé des "révélations irresponsables" risquant de compromettre leur action contre le terrorisme. Les Etats-Unis réclament donc l'extradition du jeune informaticien "avec la plus grande force du droit".

Edward Snowden, conscient de l'irréversibilité de son acte, -"Je ne pense pas pouvoir revenir chez moi" a t-il déclaré au Guardian- est pourtant persuadé de n'avoir "rien fait de mal". "Mon unique objectif est d’informer les gens de ce qui est fait en leur nom et de ce qui est fait contre eux".

Snowden avait fait de révélations la semaine dernière via le Washington Post puis le quotidien britannique The Guardian sur les deux programmes appliqués par la NSA au nom de la lutte antiterrorisme. L'un concerne la récolte des données d'appels téléphoniques aux US depuis 2006, l'autre regarde le PRISM, l'interception des communications d'internautes étrangers se trouvant hors du territoire sur les réseaux sociaux. En substance, une grande partie des actions visant à contrôler les systèmes de télécommunication mis en place par l'administration Obama.

"La NSA a construit une infrastructure qui lui permet d'intercepter presque tout. Avec cette capacité, la vaste majorité des communications humaines sont automatiquement ingérées sans ciblage. Si je veux voir vos courriels ou le numéro de téléphone de votre femme, je n'ai qu'à utiliser les interceptions. Je peux avoir nos courriels, mots de passe, enregistrements téléphoniques, cartes de crédit.[...] Je ne veux pas vivre dans une société qui fait ce genre de choses. Je ne veux pas vivre dans un monde où tout ce que je fais et dit est enregistré. Ce n'est pas une chose avec laquelle je veux vivre ou que je veux supporter." avait dénoncé Edward Snowden.

Pour Glenn Greenwald, journaliste au Guardian, il s'agit d'une intimidation "des journalistes et de leurs sources". Et d'ajouter : "Chaque fois (...) que quelqu’un dévoile les méfaits du gouvernement, la tactique consiste à le diaboliser et le présenter comme un traître".

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