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Silvio Berlusconi : 'Mes enfants se sentent comme les juifs sous le nazisme'

  • Piersilvio, Marina, Barbara et leur père, Silvio Berlusconi

Dans un extrait publié dans la presse du dernier livre à paraître de Bruno Vespa "Sale, zucchero e caffè" (Sel, sucre et café), célèbre journaliste animateur TV particulièrement complaisant envers l’ex-président du Conseil italien, les lecteurs ont découvert cette petite phrase : "Mes enfants disent qu'ils se sentent comme devaient se sentir les familles juives en Allemagne sous le régime d'Hitler. Nous avons vraiment tout le monde contre nous." Une comparaison que l’on doit à l’ex-chef du gouvernement italien, Silvio Berlusconi.

Silvio Berlusconi égrène depuis des années une litanie victimiste, s’en prenant aux "toges rouges", ces juges "communistes" qui s’acharneraient contre lui depuis son entrée en politique. Depuis sa condamnation de manière définitive à un an de prison le 1er août dernier, la rhétorique de persécution du Cavaliere est allée crescendo.

Et lorsque le journaliste politique Bruno Vespa lui demande si ses enfants ont eu raison de lui suggérer de vendre tout et de partir après sa condamnation pour fraude fiscale dans le procès sur les droits télévisés de Mediaset, Silvio Berlusconi répond que ses "enfants disent se sentir comme devait se sentir une famille juive en Allemagne durant le régime d’Hitler". Pas mieux.

L'ex Premier explique ensuite qu’au delà du fait que son passeport lui avait été retiré suite à sa condamnation, il n’avait aucune intention de s’exiler. "Je suis italien à 100%. J'ai mes racines en Italie. (...) Je n'envisage même pas la possibilité de quitter l'Italie".

Les réactions ont été immédiates, aussi bien du côté de la communauté juive italienne que dans la classe politique. Pour le président de la communauté juive de Rome Riccardo Pacifici, "Berlusconi ne doit pas des excuse au peuple juif, il les doit à lui-même. Sa comparaison est complètement déplacée. Il serait peut-être intéressant d’entendre ses propres enfants".

Renzo Gattegna, le président de l’Union des communautés juives italiennes (UCEI) juge la comparaison de Berlusconi "incompréhensible" mais surtout "offensante". "Chaque comparaison [entre les persécutions de juifs ndlr] et les affaires de la famille Berlusconi est non seulement inappropriée et incompréhensible mais elle insulte également la mémoire de qui fut privé de tout droit et après d’atroces et indicibles souffrances, de la vie même."

Côté politique, Danilo Leva, responsable de la Justice du PD (Partito democratico,centre gauche italien) a déclaré que Berlusconi avait "complètement perdu le sens de la mesure".

Dans le camp du Cavaliere, on tempère et on signe. Pour la députée PDL Gabriella Giammanco il s’agit seulement là du "défoulement d’un père de famille légitimement inquiet et préoccupé pour les siens". L’ancien ministre de Berlusconi, Renato Brunetto ajoute que "faire une comparaison entre la douleur de ses propres enfants et la persécution n’est absolument pas une banalisation d’une tragédie, elle démontre au contraire un sentiment de partage qui anime le président Berlusconi envers ce peuple". [sic]

Quant à Berlusconi lui-même, il dénonce une instrumentalisation de ses déclarations, rappelle son amitié avec les juifs et Israël, déplore un nouvel acharnement médiatique et entretient l'image du Silvio-le-persécuté qui appartient à une stratégie de communication savamment orchestrée. Une stratégie qui a déjà fait ses preuves dans un pays qu'il a raison de ne pas vouloir quitter...

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