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Stop the rape : le viol qui a enflammé la capitale indienne

  • SAJJAD HUSSAIN /AFP

La ville indienne de New Delhi est agitée par une série de manifestations sans précédent à la suite du viol collectif d'une jeune étudiante. Le fait divers a fait ces derniers jours le tour de la presse et provoqué une vague d'indignation dans la capitale. Samedi 22, une semaine après le triste épisode, les manifestations se sont transformées en affrontements entre la police et les contestataires. La population réclame des mesures concrètes contre ces crimes.

New Delhi, capitale du viol

En Inde le nombre de viol a plus que doublé entre 1990 et 2008 et les victimes peinent le plus souvent à obtenir justice. A New Delhi, une agglomération de plus de 20 millions d'habitants, un viol est commis toutes les dix-huit heures si l'on s'en tient aux statistiques officielles, sans compter les cas non déclarés. Dans ce contexte, New Delhi est tristement baptisée Capitale du viol.

Le viol d'une jeune indienne comme tout le monde

C'est le dernier fait divers en date qui a mis le feu au poudre. Une étudiante et son petit ami de retour du cinéma ont accepté de se faire ramener par un bus privé qui s'est transformé en véritable traquenard. La jeune fille s'y est fait violée par six hommes, chauffeur compris et le compagnon roué de coups. Le couple a ensuite été jeté hors du véhicule, inhanimés. Si c'est ce sordide fait divers en particulier qui a fait déborder le vase c'est aussi parce que ce jeune couple représente une grande partie de la jeunesse de New Delhi. Elle a 23 ans, est étudiante kinésithérapeute. Il est ingénieur informatique et sortait tout juste du cinéma à Saket, un quartier rutilant de modernité.

Témoignage

Toujours en soins intensifs, la jeune fille a réussi a fournir des détails de l'agression. "Les six hommes m'ont violée tour à tour, a-t-elle déclaré. Ils nous ont jeté du bus sur le bord de la route, et je me suis évanouie." Le couple a été retrouvé nu, jeté sur le trottoir, elle atteinte de graves blessures intestinales, lui couvert d'hématomes.

Une crise de la masculinité indienne

Ils étaient des millions, dont beaucoup d'étudiants à dénoncer le viol de la jeune étudiante sept jours après les faits dans les rues de New Delhi. Ils réclament davantage de sécurité pour les femmes et une justice moins laxiste envers les victimes de viols. La société, les autorités sont en général assez goguenard sur l'argument. Pire, on accuse les femmes de provoquer les hommes en portant par exemple des vêtements aguichants. Selon la juriste Ratna Kapur dans le quotidien The Hindu il y aurait "une crise de la masculinité indienne". "Alors que les femmes entrent sur le marché du travail, leur audace et leur confiance en elles semblent déclencher un sentiment d'insécurité au sein d'une société où les hommes étaient jusque-là aux commandes." Pour la juriste, dans une société où le foeticide des filles est une pratique courante, il est important d'"élever les garçons d'une manière qui leur inculquera le sens de la supériorité et du privilège".

Les manifestations se sont massées devant la Porte de l'Inde, le monument emblématique de la ville. Les forces de l'ordre ont dû faire usage de gaz lacrymogène et de jets d'eau. La jeunesse indienne se rebelle, l'Inde se modernise. Et cela passe par la revendication des droits des femmes, un important révélateur du niveau de maturité d'une société.

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