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Syrie : scuds vs diplomatie

  • STR / AFP

La tension est très loin de retomber en Syrie. L'affrontement entre l'armée régulière et les forces rebelles a pris ces derniers jours des proportions sans précédent. Selon des responsables américains, le régime du président Bachar al-Assad aurait fait usage de scuds, des missiles balistiques à courte portée. Tandis que du côté de la communauté internationale, les rangs se resserrent contre le président syrien et en faveur de l'opposition.

"Au moment où le régime est de plus en plus désespéré, nous le voyons avoir recours à des armes de plus en plus vicieuses", a déclaré la porte-parole du département d'Etat américain Victoria Nuland. "L'idée même que le régime syrien puisse lancer des missiles sur son propre peuple, à l'intérieur de ses frontières, est une escalade militaire stupéfiante, désespérée et totalement disproportionnée" déclare Jay Carney le porte parole de la Maison-Blanche.

On parle de quatre à six missiles Scuds lancés depuis la région de Damas vers le nord du pays. Outre la menace de l'utilisation ds armes chimiques, le régime de Bachar al-Assad passe ici concrètement à l'artillerie lourde pour mater la rébellion.

C'est dans ce climat d'escalade que les chefs d'État déclarent tour à tour soutenir la Coalition. Mercredi 12, "Les Amis de la Syrie" composés de 120 pays et organisations, l'ont reconnue comme la "représentante légitime du peuple syrien".

Les Etats-Unis après les pays du Golfe, la Turquie, le Royaume-Uni et la France ont déclaré reconnaître l'opposition comme expression de la population syrienne. Barack Obama a affirmé sur la BBC : "Elle rassemble désormais suffisamment, reflète et représente suffisamment la population syrienne".

"L'appui américain va en entraîner d'autres", se félicite Nazir Hakim, opposant syrien, proche des Frères musulmans et membre de la Coalition.

Si sur le terrain cela ne signifie pas grand chose, la rébellion syrienne a gagné du terrain sur le plan diplomatique isolant toujours un peu plus Bachat al-Assad sur la scène internationale. Mais cette victoire politique ne signifie pas encore fournir des armes à l'Armée Syrienne libre (ASL), du moins dans l'immédiat . "On verra dans les prochains mois" laisse entendre Laurent Fabius, le ministre des Affaires étrangères. Une aide économique a été débloquée pour les centaines de milliers de réfugiés mais le pas de l'ingérence militaire n'a pas encore été franchi.

La Coalition se félicite de cet appui politique international mais elle réclame plus que tout des actes. En d'autre mots des armes.

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