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Trop faible, Nadejda des Pussy Riot renonce à sa grève de la faim

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La Pussy Riot Nadejda Tolokonnikova abandonne sa grève de la faim. Elle aura résisté 8 jours en tout, 8 jours qui lui auront permis de se faire entendre au niveau international. 8 jours qui n'auront sûrement pas suffit à transformer le camp de travail n°14 de Mordovie en centre de détention comme les autres, mais qui auront obligé les représentants russes des Droits de l'homme à s'y intéresser de plus près. Ne serait-ce que pour sauver les apparences.

Nadejda avait entamé une grève de la faim le 23 septembre pour dénoncer ses conditions inhumaines de détention. L'activiste membre du groupe punk-rock féministe russe Pussy Riot avait alors écrit une lettre ouverte dans laquelle elle décrivait son quotidien dans la colonie pénitentiaire IK-14. Des conditions qui n'avaient rien à envier aux vieux goulags.

Condamnée à deux ans de camp de travail en août 2012 pour "hooliganisme", Nadejda a refusé de se taire pour autant. "Je n’ai pas l’inten­tion de rester sans rien dire et de regar­der sans pro­tes­ter les gens tomber d’épuisement". Après des nuits courtes, des journées de travail de 16 à 17 heures par jour, l'absence de journées de repos, les humiliations quotidiennes et la pression sur le rendement dans les usines textiles, Nadejda Tolokonnikova n'a pas trouvé d'autre moyen que de se déclarer en grève de la faim pour tenter de faire respecter le droit du travail au sein du centre pénitencier.

"A compter du 23 septembre, je me mets en grève de la faim et je refuse de participer à l'esclavage du camp, expliquait la jeune femme dans une lettre relayée par son mari, Piotr Verzilov, publiée dans Novaïa gazeta. Je continuerai jusqu'à ce que l'administration commence à respecter la loi et cesse de traiter les détenues comme du bétail."

Hospitalisée, officiellement en raison de son état de santé dimanche, au 7e jour de sa grève de la faim, l'administration pénitentiaire avait refusé au mari de Nadejda l'accès à l'établissement médical. Le colonel Oleg Klichkov avait déclaré à l'AFP "qu'il refusait un droit de visite à Nadia" ajoutant que "son état de santé" était "tellement mauvais qu'elle ne" pouvait "pas parler avec ceux qui assurent sa défense mais seulement avec le personnel".

Mardi 1er octobre la jeune fille de 23 ans a dû interrompre prématurément sa grève de la faim. Selon une information confirmée par son avocate, Nadejda Tolokonnikova aurait été trop faible pour poursuivre son action.

Mais la jeune femme a averti qu'elle était prête a recommencer à ne plus s'alimenter si sa demande de transfert dans un autre établissement ne devait pas être honorée. Piotr Versilov affirme que sa femme ne retournera pas dans la colonie n°14 si une enquête criminelle suite à ses accusations de maltraitante n'était pas ouverte.

Et sur ce terrain la punkette a emporté une mini victoire. En effet, quatre membres du Conseil présidentiel russe des Droits de l'homme ont publié un rapport donnant raison à Nadejda et ont réuni suffisamment de preuves pour demander une enquête approfondie sur les comportements des employés au sein du centre de détention.

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