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UMP : Nicolas Sarkozy, revient en omnimédiateur

  • PIERRE ANDRIEU/AFP

La guerre de succession à l'UMP s'est transformée en véritable guerre de sécession : deux camps rivaux s'affrontent ouvertement à l'intérieur du parti, chacun campé sur ses positions. Les partisans du camps Fillon parleraient désormais d'une formation parlementaire autonome et dissidente, une espèce d'UMP bis, un danger important pour un parti qui se revendique comme étant la première force du pays avec près de 330 000 adhérents à jour de cotisation.

151 parlementaires UMP ont rappelé leur soutien à François Fillon mercredi dernier contre 99 pour son rival Jean-François Copé. La défection d'une partie des députés entraînerait un gros manque à gagner pour le parti de Jean-François Copé. L'enjeu n'est donc pas seulement politique, il est aussi financier. Face à cette lourde menace, et après la tentative avortée de médiation de la part d'Alain Juppé, l'ex Chef de l'Etat s'est décidé d'intervenir pour tenter "toute initiative qui peut permettre de régler la situation".

Sauver un parti au bord de l'implosion.

La médiation d'Alain Juppé dimanche dernier a été un échec cuisant. "S'ils n'acceptent pas, je n'ai aucun pouvoir pour imposer quoi que ce soit. Je me place dans l'espoir de réussir même si j'ai très peu de chances." Jean-François Copé considère que seule la commission nationale des recours a autorité pour trancher les résultats litigieux de l'élection. Il refuse également l'idée d'un retour au vote -idée soutenue par Nathalie Kosciusko-Morizet qui a lancé une pétition sur jeveuxrevoter.fr -tant que la fameuse commission nationale des recours n’aura pas donné le nom du nouveau président de l’UMP.

Fillon confirme de son côté que la présidence lui a tout bonnement été volée. Il écrit dans un communiqué de presse : "Jean-François Copé porte seul désormais la responsabilité d'un échec qui touche notre parti et compromet, au-delà, l'image de l'action politique. Soucieux de sortir de l'impasse dans laquelle les coups de force successifs de Jean-François Copé ont plongé notre parti, je saisirai la justice pour rétablir la vérité des résultats et rendre la parole aux militants."

Une situation devant laquelle Alain Juppé a fini par lancer l'éponge. Le maire de Bordeaux a lancé lundi matin sur RTL "c'est à lui de jouer" en se référant à Nicolas Sarkozy, le seul selon lui à avoir l'autorité suffisante pour aller vers une solution.

Nicolas Sarkozy déjeunera ce lundi midi avec son ex premier ministre. Le seul leader incontesté de la droite tentera de dissuader François Fillon de recourir à la justice et de mettre un terme à ce conflit ouvert. Rappelons que Nicolas Sarkozy a été à la tête du parti fondé par Jacques Chirac de 2004 à 2012.

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